Desmarais – Sarkozy : Dis moi qui tu fréquentes…

Publié le par jdor

Je me répète, mais pour mieux cerner Nicolas Sarkozy, comprendre ses intérêts, il est utile et nécessaire de savoir qui est son « mentor », qui l’a puissamment aidé à parvenir au pouvoir en France. Nous savons qu’il s’agit de Paul Desmarais. Mais qui est Paul Desmarais, citoyen canadien ? Qu’en pensent, notamment, un certain nombre de Québécois ?

Nicolas Sarkozy, au grand dam de l’UMP, vient d’être cité par la juge Prévost-Desprez, juge dans l’affaire Bettencourt que le pouvoir a évincé pour « éloigner » le dossier sulfureux à Bordeaux. Un témoin aurait vu Nicolas Sarkozy se faire remettre des espèces chez la milliardaire. On verra, plus loin, qu’un membre de la famille Desmarais serait également impliqué dans cette affaire… Bien entendu, l’Elysée dément, l’UMP fulmine, mais nous, simples citoyens, connaissant les liens de Sarkozy avec le monde des affaires, nous n’entendons pas nous laisser endormir par le bruit que fait la droite pour tenter de nous éloigner de ce qui, peut-être, est un scandale. Bien peu d’entre nous seraient surpris si les faits sont avérés.

« Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es », là, se trouve la justification de mes publications des trois derniers jours. (Jean Dornac)


 

Qui est Paul Desmarais père

 image.jpg(sources : http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Desmarais_(père)

Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir 

 Paul Desmarais (né le 4 janvier 1927 à Sudbury, dans l'Ontario-) est un homme d'affaires canadien, milliardaire, faisant partie des 10 hommes les plus riches du Canada (8e en 2008)1

Desmarais est également propriétaire de maisons à Palm Beach, en Floride et à New York. Il était le 4e homme le plus riche du Canada en 2007, mais une chute économique brutale en 2008 a entraîné une chute de 44 % des actions de Power Corp., en même temps qu'une chute de 41 % des bénéfices (les plus faible en proportion depuis 2002)2.

Il est PDG de Power Corporation du Canada (PCC), entreprise canadienne présente dans les domaines des medias de masse, des pâtes et papiers, et des services financiers.

Vie privée

Desmarais a deux fils, Paul jr et André (marié à France, la fille de l'ancien Premier ministre du Canada Jean Chrétien), qui occupent d'importantes responsabilités à l'intérieur de PCC, ainsi que deux filles, Sophie et Louise.

Paul Desmarais ou ses fils font partie de nombreuses associations dénoncées par la gauche, tels le groupe Bilderberg, le North American Competitiveness Council qui définit le Partenariat pour la sécurité et la prospérité, ainsi que le Council on Foreign Relations de la famille Rockefeller.

Il est un adversaire résolu du mouvement souverainiste du Québec3.

Power Corporation du Canada - Presse

Profitant de l'important fonds d'investissement de Power Corp., Desmarais prend le contrôle d'une importante papeterie, Consolidated Bathurst (intégrée depuis dans Stone-Consolidated, ensuite fusionnée pour former Abitibi-Consolidated, aujourd'hui Abitibi-Bowater).

Par la suite, PCC s'est diversifiée sous la gouverne de Desmarais. Il a acquis le journal La Presse, ce qui lui a permis d'acquérir de l'expérience dans le domaine des medias écrits au Canada. En outre, il détient environ 15 % du Groupe Bruxelles Lambert, une société de holding belge, qui a acquis une participation de 25 % dans le groupe de medias allemand Bertelsmann en 2001, dont les filiales comprennent BMG et Random House (la société allemande Bertelsmann a racheté les 25 % en juillet 2006). Le Groupe Bruxelles Lambert détient 3,7 % du conglomérat pétrolier français Total.

Alors qu'il recherchait des entreprises en Europe pour étendre l'influence de PCC, il a rencontré le financier belge Albert Frère au conseil d'administration de Paribas. Les deux hommes se sont découverts un alter ego appliquant les mêmes techniques financières : OPA amicale d'entreprises saines qui vivent des difficultés financières importantes, mais temporaires.

En 1974, Desmarais engage Paul Martin, Jr. en tant que président d'une filiale de Power Corporation, la Canada Steamship Lines Inc.. En 1981, il vend l'entreprise à Laurence Pathy et Paul Martin, Jr. — ce dernier est devenu le Premier ministre du Canada en décembre 2003.

 http://acilr-cdril.com/CD_No1/A_Web

 sniper03Paul Desmarais est également l'ancien employeur de Pierre-Elliott Trudeau, Jean Chrétien, Brian Mulroney ainsi que de Maurice Strong, le « père des Accords de Kyoto » qui a été mis à la porte pour avoir participé à une fraude de 10 milliards $ USD dans le cadre du programme Pétrole contre nourriture en Irak6.

Critiques

La famille Desmarais bénéficie de liens étroits avec des politiciens, du monde entier. Les critiques lui reprochent que les connexions politiques de la famille lui fournissent des avantages injustes en affaires7.

La relative obscurité de Desmarais à l'extérieur du Canada a été utilisé pour masquer un nombre incalculable de relations politiques de sa famille et son influence dans les affaires8.

Au fil des ans, les observateurs politiques ont souligné l'énorme influence et l’exceptionnelle puissance de Desmarais dans la politique fédérale canadienne. Desmarais a été dénoncé par des journalistes du Canada pour un accès direct dans tous les bureaux du Premier ministre. Nombre de Premiers ministres et d'autres élus canadiens influents sont ou ont été financièrement à la charge de Desmarais, y compris le 20e premier ministre Jean Chrétien, qui a siégé au conseil d'administration de Power Corp9.

Liens en France

Paul Desmarais (fils) est membre du conseil d'administration de Total SA, et de Suez, qui s'allient fréquemment pour leurs opérations européennes avec le financier belge Albert Frère. Paul Desmarais (fils) est aussi membre du conseil d'administration et du groupe Lafarge10.

La famille Desmarais entretient également des relations avec les dynasties industrielles françaises Dassault, Peugeot et Rothschild, entre autres10.

Nicolas Sarkozy a privatisé les compagnies dans lesquelles Power Corporation a investi. Par l'entremise du groupe Carlyle, plusieurs projets de port méthaniers sont en développement dont les controversés projet Rabaska, au Québec, et celui du Nord Médoc en France11.

Amitié avec Nicolas Sarkozy

http://conspiration.ca/ringard

image001.jpgEn 1995, Nicolas Sarkozy se rend à Sagard, chez Desmarais qui le conseille pour élaborer une stratégie d’accès au pouvoir12,13,14,15.

Selon Le Figaro16, il serait un proche du président de la République Nicolas Sarkozy. Paul Desmarais père participait ainsi à la fête tenue au Fouquet's pour célébrer son élection le 6 mai 2007.

 Le 16 février 2008, Paul Desmarais est fait grand-croix de la Légion d'honneur par Nicolas Sarkozy.


 

Ca va pas mal au Québec pour tout le monde

24 janvier 2011, 22h35

Le domaine Sagard, du Maitre de Jean Charest et de Nicolas Sarkozy, et sans doute de nombreux autres.......

Domaine du maitreUne histoire à vous faire rêver, rédigée par un journaliste de La Malbaie.

Cette bicoque appartient à Paul Desmarais !

George Bush père, Bill Clinton, Jean Chrétien, Lucien Bouchard, Paul Martin, Nicolas Sarkozy, Sarah Fergusson, Martin Cauchon, Paul Martin et Juan Carlos sont invités au domaine de Paul Desmarais de Sagard, dans Charlevoix. L'accès est interdit aux journalistes ; alors on se rend voir les autochtones maires et hommes d'affaires relatant les bienfaits de la présence de Paul Desmarais dans la région.

Vraiment indigeste. Bien sûr, pas d'enquête de Michel Morin ou d'autres journalistes de Radio Canada sur les dessous de cette propriété. Il ne faut pas déranger Paul Desmarais, le maître de Power Corporation, si l'on veut garder son emploi. Mais, question combien peut bien coûter un domaine de 21 000 acres ? Très cher, sans doute. Pourtant...

L'histoire est simple et on peut en trouver le détail dans les archives publiques et les journaux

• La Canada Steamship Lines achète le domaine de Sagard, le 8 janvier 1974 en l'échange de « considérations ».

• La Canada Steamship Lines cède à son tour la propriété à Power Corporation le 10 novembre 1976 au coût de 1 $. - évidemment la CSL appartient alors à Power Corporation depuis 1966 et son président est Paul Martin (un invité !) depuis 1974 .

• Puis, le 18 juillet 1988, Power Corporation en cède la propriété à Paul Desmarais au coût, encore une fois, de 1 $.

• Mais, en 1990, Paul Desmarais vend à son tour la propriété à une obscure société, Polprim Inc., cette fois au coût de 1 028 000 $. Les membres du conseil d'administration ne sont nuls autres que Paul Desmarais (président), André Desmarais (trésorier), Paul Desmarais Jr. (secrétaire) et Jacqueline Desmarais (administratrice).

En somme, un territoire de 21 000 acres qui n'aura rien coûté.

Les habitants de Montréal se plaignent de la hausse des taxes municipales avec le nouveau rôle d'évaluation. Faites comme Paul Desmarais achetez pour un 1 $ un domaine de 21 000 acres érigé sur un territoire non organisé (TNO), exempt de toutes les taxes municipales. En 1998, avant les « rénovations », la valeur de la propriété était estimée à 7 746 000$. Aujourd'hui on parle de près de 40 millions de dollar. Des revenus de taxes non perçus et que la MRC de Charlevoix-Est ne cherche même pas à percevoir qui seraient bienvenus au petit village limitrophe de Saint Siméon où le taux de chômage en période hivernale atteint 40%. Bravo pour l'égalité et l'équité ! Et le maire de Saint Siméon est tout heureux de la situation !

http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/transports

67677-aeroport-st-hubert-cinquieme-importance.jpgAutre élément intéressant, l'aéroport de Saint Irénée communément appelé « aéroport Paul Desmarais ». Alors qu'un aéroport comme celui de Saint-Hubert a toutes les difficultés du monde à obtenir des fonds, le petit aéroport de rien du tout de Saint Irénée obtient des subventions du gouvernement fédéral, du ministre Martin Cauchon (un invité !), alors ministre du Développement régional, afin de se revamper au coût de 5 millions de dollars. Il faut bien un aéroport pour les invités !

Bien sûr, la fille de Jean Chrétien (un invité !) est mariée au fils de Paul Desmarais. Il n'y a évidemment aucun rapport entre les deux éléments. De plus, notons que des avions gouvernementaux ont été réquisitionnés pour la circonstance afin de transporter les invités de Paul Desmarais et, il va de soi, aux frais des contribuables.

À tous ces gens, je dirais les mots de Sylvain Lelièvre :
    « Votre intérêt n'est pas le nôtre. Et sachez bien que nous savons »

CHRISTIAN HARVEY (journal Le Couac)

Sources : http://espace.canoe.ca/group/societe/forum/topic/624682


 

Le cas Desmarais

Un véritable désastre sur le plan des relations publiques

Richard Le Hir - Avocat et conseiller en gestion, ministre délégué à la Restructuration dans le cabinet Parizeau (1994-95)
Tribune libre de Vigile - Dimanche 26 septembre 2010

 

Pour avoir œuvré dans le domaine des communications et des affaires publiques pendant une vingtaine d’années à des postes de haute direction au sein de grandes entreprises oeuvrant dans divers domaines (pétrole et gaz, aliments et boissons, services financiers), j’ai appris une chose ou deux sur ce que les Américains appellent le « reputation management » et qui n’est en fait que la gestion de l’image de marque quand il s’agit d’un produit, et la gestion de l’image tout court quand il s’agit de dirigeants. (…)

* * *

Reste ensuite les « cas à part », ceux dont le comportement échappent à toute logique d’affaires pour répondre plutôt à une stratégie de pouvoir. Les lecteurs l’auront deviné, c’est le cas Desmarais.

arton15518-fea0f-783a6.jpgPour ceux qui n’ont pas encore pris la pleine mesure de l’empire Desmarais, je recommande fortement la lecture de l’ouvrage de Robin Philpot intitulé « Derrière l’État Desmarais : Power ». Vous y trouverez toute l’information disponible sur les origines et la constitution de cet empire, et notamment sur le contrôle qu’il a choisi d’exercer sur les medias pour promouvoir sa stratégie impérialiste.

Notons tout d’abord que Power Corporation est une société de portefeuille qui détient des participations dans plusieurs secteurs d’activités dont seuls deux d’entre eux l’exposent directement au public, les services financiers et la presse écrite. Or, si les services financiers sont un secteur peu vulnérable aux pressions publiques, il en va très différemment de la presse écrite.

En effet, un journal est en contact quotidien avec ses lecteurs. Il est donc en mesure d’influencer l’opinion publique, et cette capacité d’influencer l’opinion est justement celle qui va asseoir votre pouvoir auprès des dirigeants politiques. C’est un instrument privilégié pour quiconque a une telle stratégie. Ce modèle a déjà presque 125 ans d’âge, et il a surtout été développé par William Randolph Hearst (1863-1951), ce magnat de la presse qui parvint à exercer une influence considérable sur la politique américaine pendant près de 50 ans(1).

Toutefois, ce modèle n’a pas que des avantages, comme plusieurs expériences, y compris celle de Hearst l’ont démontré. En premier lieu, votre capacité d’influencer dépend de l’importance de votre tirage. Si celui-ci marque une baisse, le risque existe qu’on la perçoive comme une baisse de votre influence. Et puis surtout, la propriété d’un journal s’accompagne d’une notoriété dont la plupart des gens d’affaires préfèrent se passer.

Lorsque, dans un cas comme celui de Paul Desmarais, vous vous positionnez politiquement en travers des ambitions d’une partie importante de la population, vous vous exposez nécessairement à des retombées négatives. Le moindre de vos gestes, la moindre de vos interventions seront vues au travers du prisme de cette opposition qui fera rapidement boule de neige jusqu’à atteindre une masse critique telle qu’elle deviendra alors un obstacle à vos ambitions.

Vient un moment où, comme je le suggérais le printemps dernier, les idées que vous cherchez à passer sont tellement en porte-à-faux avec celles de votre public lecteur que vous atteignez les limites de votre capacité à influencer l’opinion.

De surcroît, une stratégie qui vous associe trop étroitement au pouvoir vous expose également à subir le sort de celui-ci pour peu qu’il tombe en défaveur ou se rende coupable d’exactions. C’est le phénomène de la culpabilité par association. Ainsi, il n’y a aucun doute possible que le pouvoir de l’empire Desmarais se ressentira de sa trop étroite association avec les gouvernements de Jean Charest et de Nicolas Sarkozy.

* * *

Il y a aussi la question des convoitises de l’empire Desmarais. Au Québec, nous connaissons son intérêt pour Hydro-Québec et pour au moins une partie des affaires de la Caisse de dépôts. En France, l’empire est présent jusque dans le bureau du président Sarkozy et aussi compromis dans l’affaire Woerth-Bettencourt par ex-gendre interposé. Il y a aussi cette importante participation dans la pétrolière Total et l’exploitation des sables bitumineux en Alberta qui soulèvent la controverse et occasionnent des retombées négatives sur le plan de l’image.

Lire l’article complet : http://www.vigile.net/Le-cas-Desmarais

Voir également sur Etat Critique :

http://www.etat-critique-blog-politique.com/article-lettre-de-l-opposition-quebecoise-en-2009-a-nicolas-sarkozy-82980546.html

http://www.etat-critique-blog-politique.com/article-sarkozy-le-chien-de-garde-du-monde-des-affaires-82906232.html

Publié dans Sarkozy & Cie

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