DSK : La faute de qui ? Du PS ou de Sarkozy ?

Publié le par jdor

 

Nous venons de vivre une curieuse semaine. Assister à la chute subite et brutale d’un homme qui faisait partie des dirigeants du monde d’aujourd’hui est une expérience étrange qui laisse des goûts et des impressions mélangés.

Certains commentateurs en France ont comparé la sidération des citoyens et d’eux-mêmes à ce qui fut ressenti lors de l’attaque contre les deux tours de New-York. À mon sens, c’est très exagéré. En fouillant dans ma mémoire, je ne trouve qu’un fait qui m’ait marqué de façon si profonde, c’est l’assassinat de Kennedy. Je n’étais encore qu’un adolescent, mais cela m’avait fortement marqué. Bien sûr, ici, il n’y a pas mort d’homme, et heureusement. Mais c’est, je le crois, la brutalité de la chute qui est marquante. Cet homme a été rayé, sans doute pour toujours, de la vie publique et ceci dès l’instant de son arrestation dans l’avion d’Air France.

Je ne reviendrai pas sur les faits. Ayant écouté plusieurs émissions consacrées à « l’affaire », je veux vous livrer une réflexion plus centrée sur les responsabilités et leurs possibles influences dans la future campagne électoral des présidentielles à venir.

Les réactions en France politique

http://www.lecanardacharne.com/2011/03

Marine-Le-Pen-007.jpgDurant les premiers jours, ce fut un silence quasi général, sauf bien sûr du côté Front National qui, à l’image de n’importe quel charognard, s’est précipité sur « l’animal blessé »  pour tenter de s’en repaître. Cependant, très vite, on a senti que du côté de l’UMP, imiter le FN les démangeait quelque peu. Pourtant, pour l’instant, il n’y a guère eu de réactions du côté des élus et des ministres. J’en retiens une qui, probablement, dit tout haut ce que les autres membres de l’UMP, pour une part au moins, n'osent encore dire tout haut :

« Bernard Debré, député UMP de Paris : C'est terrible, c'est humilier la France que d'avoir un homme qui se vautre dans le sexe  - et ça se sait depuis fort longtemps. Vous imaginez ce que ça peut être, et pour le poste qu'il occupe au FMI, et pour la France. Il est totalement déconsidéré. Déjà il se vautrait dans le bling-bling, maintenant c'est dans le sexe, c'est inacceptable. » (Source Nouvel Observateur). 

Certes, je ne peux rien affirmer. Mais j’ai l’impression que la majorité est à l’action, plutôt de façon ignoble, en se servant de quelques journalistes proches ou très proches. J’ai été frappé par les interventions d’Ivan Rioufol dans deux émissions, « C dans l’air » et « Affaire DSK et après… » dirigée par David Pujadas. Ce chroniqueur au Figaro que l'on pourrait nommer sans peine « journal Sarko », tente de faire accréditer la thèse selon laquelle, en raison des accusations contre DSK, le PS n’a plus le droit de « faire la morale » à la droite, en particulier à Sarkozy. Ce monsieur, pour des raisons électorales trop évidentes, voire aveuglement partisan, confond et oublie beaucoup de choses.

Si DSK est finalement reconnu coupable par la Justice américaine, en quoi la faute d’un seul homme peut-elle être reprochée à tout un parti politique ? C’est évidemment abusif. S’il n’est pas coupable, il est tout aussi abusif d’affirmer que la faute du PS serait de ne pas s’être séparé de DSK en raison de ses frasques sexuelles. Et s’il fallait le reprocher au PS tout entier, voilà une piste qui me semble bien dangereuse à manier pour la majorité, dans la mesure où nul, chez elle, ne s’est outré des mêmes frasques chez ses deux derniers Présidents, alors que « l’appétit de femmes » était bien connu tant chez Chirac que chez Sarkozy, du moins avant Carla. D’ailleurs, selon certains journalistes qui refusent de donner des noms, choses certes délicate, « l’appétit sexuel » est très développé chez de nombreux personnages politiques français. C’est une tare bien française qui amuse, le plus souvent, la galerie. À cet égard, comment ne pas comprendre la réaction véhémente des associations féministes ?

Responsabilité de Sarkozy dans cette affaire

Je suis très surpris par la rareté des commentaires mettant en cause la responsabilité de Nicolas Sarkozy dans ce qui vient d’arriver à New York et qui « salirait la France tout entière » selon certains commentaires à droite. Pourtant, il y a de quoi réfléchir, croyez-moi !

http://www.rtl.fr/ - Baiser ou accolade de la « mort »

7660349928 nicolas-sarkozy-et-dominique-strauss-kahn-en-200C’est Nicolas Sarkozy qui a proposé et soutenu la candidature de Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI. Il savait que ce dernier serait, plus que probablement, son adversaire aux présidentielles de 2012. On ne me fera pas croire, que Sarkozy n’était pas au courant des « dérives » sexuelles du candidat qu’il soutenait pour le FMI. On dit même qu’il l’aurait prévenu de faire attention à ce problème lors de son séjour aux USA. En tant qu’ancien ministre de l’Intérieur, Sarkozy en connaissait forcément beaucoup et peut-être lourd, sur la vie privée et les « amusements » sexuels de son candidat. Nul doute qu’il possédait un beau dossier avec photos et lieux de « distractions » de DSK. Peut-être, là je reste plus prudent, savait-il aussi que cet homme ne pourrait pas résister à ses pulsions. Dans ce cas, si on ne peut pas parler de complot, on peut parler d’un piège diabolique pour écarter cet adversaire politiquement très dangereux. Ce n’est pas pour rien que Christophe Cambadélis a rappelé ceci, qui montre que ma thèse de la responsabilité de Sarkozy est recevable : «  j'ai encore en tête le fait qu'on avait promis à DSK le feu nucléaire dès qu'il ferait ses premiers pas de candidat » Un responsable socialiste ajoute : « C'est toute la droite qui menace depuis un an dans les déjeuners d'avoir des photos et des dossiers" sur DSK » et un autre a rappelé les propos attribués dans un livre à l'UMP Frédéric Lefebvre, qui aurait en 2006 fait état de photos compromettantes. (Sources Nouvel Observateur)

Compte tenu de tous ces éléments, soit Nicolas Sarkozy a été stupide en proposant la candidature d’un homme si bien surveillé par ses Services policiers, soit il savait très bien ce qu’il faisait, espérant que la chute aurait bien lieue !

En conclusion sur ce point, je dirais que, hormis les politiciens de tous rangs qui n’ont jamais cherché à profiter de l’aura procurée par leur pouvoir pour « subjuguer » les femmes, les autres feraient bien de jouer profil bas. Car il se pourrait bien qu’il y ait des retours de bâtons bien douloureux…

Différences, sur le plan moral, entre le PS et l’UMP de Sarkozy

Ceux qui veulent « nettoyer », dans l’esprit et la mémoire des Français, la réputation de Sarkozy sur l’argent et le bling-bling, comme Ivan Rioufol, feraient bien de réfléchir avant de tomber dans l’odieux.

Si l’on regarde le plus objectivement possible la situation du PS dans cette affaire, nous pouvons dire qu’un seul homme a « fauté » et, que je sache, il n’a entraîné personne, ni dans son parti, ni dans son électorat, ni dans le pays !

http://blogs.mediapart.fr/blog/michel-philips

sarkozy-bling-bling.jpgEn revanche, ce qui est reproché, depuis le début du septennat, à Sarkozy, son côté bling-bling ostentatoire et très lourd, son admiration et sa protection pour les riches et leur argent, a été imposé, avec le soutien des membres de son parti, à tout le peuple. Ce qui était une insulte grave pour tous les pauvres du pays. Sarkozy voulait faire « aimer » l’argent aux Français. Résultat, une politique de favoritisme pour les plus riches avec son bouclier fiscal ; un ministre qui s’est payé ses cigares avec l’argent des contribuables ; un autre qui se payait des trajets en avion très coûteux, mais inutiles ; une ministre qui s’offrait un voyage dans un pays en pleine révolution ; une autre qui aurait aidé Bernard Tapie ; etc…

Ne pas voir la différence entre les deux partis politiques, c’est être aveugle ou partisan. Il n’y a donc aucune raison de se priver, lors de la campagne électorale à venir, de rappeler tout cela au candidat Sarkozy et de veiller à ce que le peuple appelé aux urnes ne l’oublie surtout pas sous le flot des paroles mielleuses qui ne vont pas tarder à tomber sur lui. Notamment, hélas, dès que l’enfant du couple Sarkozy sera né… Là, il faudra s’attendre à un piteux cinéma mi-joyeux, mi-larmoyant, afin de faire fondre la « célèbre ménagère » chère aux diffuseurs de la publicité sur nos petits écrans…

Jean Dornac
Paris, le 22 mai 20

Publié dans Sarkozy & Cie

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Nathalie 07/08/2011 20:58


Je trouve tout cela très juste et j'apprécie l'illustration du roi du tout paré d'or...jusqu'à croire nous éblouir!
Croisons les doigts pour que jamais il ne soit réélu!!


jdor 07/08/2011 23:17



Je partage, évidemment, cet avis, chère Nathalie. Merci pour ce tout premier commtaire sur mon nouveau blog ! Cela me touche profondément...