Histoire & Culture : Entente entre Français et Amérindiens

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L’arrivée des Français en Amérique du Nord, et leur entente avec les Nations amérindiennes.

Par Marie-Hélène Morot-Sir

Nous pouvons observer combien les débuts de la colonisation de ce continent d’Amérique septentrionale ont offert un contraste important.

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En effet pour la Nouvelle France ce sont des Français au caractère aventurier, enthousiaste, courageux, qui sans hésitation peuvent allégrement se transformer en explorateurs, ou en coureurs des bois, énergiques et entreprenants. Ces nombreux découvreurs de terres jusque-là inconnues aux occidentaux, ouvrent la marche et étendent la renommée de la Couronne de France, jusqu’au plus profond du pays.

Ces Français s’enfoncent de plus en plus dans cet immense territoire délaissant régulièrement la vie civilisée, au cérémonieux patriarcal encore semi féodal en ce tout début du 17ème siècle, pour s’adonner à la vie libre de la forêt, à la convivialité franco indienne. Leur gaieté et leur joie de vivre sont à l’opposé de cette maîtrise de soi glaciale des colons puritains anglo-saxons de la Nouvelle Amsterdam et de la Nouvelle Angleterre, fixés le long de la côte Atlantique de ce qui s’appellera plus tard, l’état de la  Nouvelle York jusqu’à la Virginie. Ce sont plutôt des cultivateurs sédentaires, austères, très appliqués et sérieux, surtout préoccupés de travailler la terre et d’y installer leurs familles.  Les Monts Alleghany ont longtemps freiné leur poussée vers l’intérieur, mais il faut bien reconnaître qu’ils n’étaient pas très pressés, dans les premiers temps, de s’aventurer au-delà. 

Cela commencera à devenir une réelle obligation pour eux, lorsque l’immigration deviendra nettement plus importante, et lorsqu’ils auront besoin de davantage de place... c’est à ce moment qu’ils tourneront leurs regards vers la Nouvelle France - avec son territoire immense de la baie d’Hudson aux confins du golfe du Mexique -  et depuis ce jour, ils ne cesseront de vouloir en chasser les Français, pour s’en approprier les terres. Les Anglais depuis toujours observent ces Français. Ils ne les comprennent pas, ils ont du mal à saisir un système de valeurs si différent du leur. 

Dans cette population où la convivialité est en effet un élément fondamental, les voyageurs de passage sont tous unanimes à apprécier leur caractère particulier, ils les admirent de posséder cet entrain, cet enthousiasme et cette joie de vivre communicatifs, mais s’ils profitent avec grand plaisir de leurs manières agréables ainsi que de leur hospitalité, ils n’en perçoivent pas vraiment l’intérêt pour s’appliquer à eux-mêmes ce mode de vie.

Les candidats Français prêts au départ de l’autre côté de mers n’étaient pas vraiment nombreux, il a fallu plusieurs incitations au cours des années pour qu’on perçoive vraiment que le peuplement allait peut-être se faire. Durant les cinquante premières années, les Français n’étaient qu’une petite poignée, au milieu des tribus amérindiennes mais surtout avec l’insécurité permanente des Odinossonis (Iroquois) qui les tuaient dès qu’ils le pouvaient, alors qu’ils n’étaient déjà pas si nombreux, d’autant plus que les nouveaux arrivants se comptaient à grand peine sur les doigts, chaque début d’été, au moment où les bateaux du roi revenaient… L’insécurité avec le voisinage des tribus Odinossonis était particulièrement grave et terrible, malgré les périodes de paix, que les gouverneurs successifs arrivaient à obtenir pour de courtes périodes, et particulièrement avec la tribu des Annierronnons, la plus vindicative des Cinq Nations Odinossonis ;

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La création  de la  Compagnie des Cent Associés aurait dû apporter une certaine sécurité à la petite poignée existante des habitants, mais aussi aurait dû œuvrer à amener davantage de peuplement, c’est en effet ce dont elle avait été chargée, mais cette Compagnie fondée par Richelieu en 1627 ne s’occupa réellement que de son propre enrichissement, grâce à la traite des fourrures…  Constatant cela, les autorités françaises instaurèrent un peu plus tard un contrat de trois ans pour inciter à davantage de départs de l’autre côté des mers, en effet cela encouragea nettement un grand nombre de jeunes gens dynamiques à traverser l’océan, ce dont effectivement avait grand besoin la Nouvelle France, car ce contrat spécifiait que la personne qui acceptait de partir pouvait, au bout de ces trois ans écoulés, soit renouveler son contrat, soit revenir en France aux frais du roi.

Ces candidats à l’émigration s’embarquaient principalement à la Rochelle, mais également depuis d’autres ports de l’Atlantique. La vie à bord était particulièrement rude, inconfortable, pour ne pas dire totalement insalubre même, à cause de la promiscuité mais aussi de la nourriture déséquilibrée, incomplète et plus que frugale, ce qui entraînait des maladies comme le typhus, le scorbut ou la variole ce qui favorisait, on le comprend, un taux important de mortalité, et pouvait concourir à faire plus de dix pour cent de morts, au cours de la traversée, qui durait au minimum deux bons mois et assez souvent jusqu’à cinq mois selon les cas… Les voyageurs pouvaient donc s’estimer heureux si au cours de la navigation, les vaisseaux ne rencontraient ni les Anglais, ni les pirates qui écumaient les mers, et si en plus ils arrivaient à passer à travers les tempêtes, mais après tous ces dangers il fallait encore que les vents soient favorables, alors seulement ils pouvaient espérer arriver à destination. Les bateaux étaient de petit tonnage, ils avaient donc bien du mal à arriver chaque année…

C’est réellement prodigieux tout ce qui s’est passé il y a seulement quatre siècles, la vie incroyable de ces premiers émigrants, de tous ces hommes intrépides et audacieux qui n’ont pas hésité à traverser les mers, à changer de continent sans savoir ce qui les attendait, arrivés sur des terres qui pouvaient apparaître « froides et hostiles » (ainsi que l’avait claironné Voltaire dans une phrase célèbre, mais bien peu aimable !) où ils allaient devenir par la force des choses, pour la plus grande majorité d’entre eux, des aventuriers, des explorateurs, des coureurs des bois. Ils parcouraient ces territoires infinis dans des conditions éprouvantes, plantant les armes du Roi de France à tous les coins de cet immense pays, en avançant toujours plus loin pour donner de nouveaux territoires au roi, - qui n’en désirait d’ailleurs pas tant ! - tandis que d’autres installaient vaille que vaille leur famille et travaillaient la terre pour survivre, attendant chaque début d’été l’arrivée de vaisseaux du roi qui leur apportaient des vivres pour l’année à venir, mais surtout constituaient des liens forts avec la mère patrie. Chaque voyage amenait toujours quelques nouveaux arrivants prêts à se lancer eux aussi dans cette aventure septentrionale, pour construire avec autant d’enthousiasme un nouveau pays, cette Nouvelle France. Ces vaisseaux avaient bien du mal à arriver comme nous l’avons vu, c’est pourquoi on voit bien quelle force les animait !

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La nation qui a construit et vécu en Nouvelle France, était française. Elle n’était pas une région différente des autres régions de France, elle était considérée au même titre que la Lorraine ou la Provence par exemple, c’était une région de France. Les habitants se déclaraient tous Français et catholiques. Une vraie identité canadienne s’est forgée au cours des années, à cause de cette vie rude et différente que menaient les Français sur ce sol glacé des bords du Saint Laurent, mais aussi grâce à cette facilité qu’ils démontraient de s’adapter à la vie des peuples autochtones. Ils se trouvaient bien souvent en situation de survie dans un pays aux hivers rigoureux, entourés, de ces tribus Odinossonis hostiles, mais heureusement, ils pouvaient s’appuyer sur tous les  Attichawata, et autres Algonquins devenus leurs alliés et même, au fil des années, beaucoup plus que cela, ils avaient forgé un véritable peuple franco amérindien… Pour les observateurs de l’époque, les Français avaient une facilité pour s’entendre avec tous les Amérindiens, ils étaient conciliants et amicaux et particulièrement tolérants, par rapport à leurs coutumes et à leur manière de fonctionner totalement différente des leurs, ainsi que le décrit entre autres Francis Parkman, historien américain de Boston : « La civilisation hispanique a écrasé l’indien, la britannique l’a méprisé, ignoré et tué, la française l’a adopté et a veillé sur lui. »

Beaudry, un écrivain américain dira : « Cela tient au caractère des Français, à leur valeur brillante, à leur goût de la chasse, à leur grande douceur dont ils ont toujours fait preuve vis à vis des indiens, lesquels conçurent pour eux la plus haute estime, la plus grande amitié… » Les Amérindiens, à l’inverse, conçurent la plus grande méfiance envers l’ambition anglaise, leurs moyens honteux et la férocité de leur politique. Selon la charte de la compagnie des Cent Associés les Amérindiens qui se convertissaient au catholicisme étaient reconnus comme « naturels français » au point même qu’on peut voir, en 1651, la Compagnie concéder à des autochtones la seigneurie de Sillery, sans qu’ils soient censitaires, sans payer de redevances, jouissant du statut de seigneurs (propriétaires) et se virent ainsi reconnaître le droit de chasse sur toutes les terres seigneuriales, en fonction du droit du sol, ceux du Roi, du seigneur, du paysan de l’Ancien Régime Français. Le roi avait la même façon de penser que les Français disant qu’il fallait prendre soin d’eux, la France ne voulait pas coloniser ces tribus, mais voulaient vivre en paix avec elles :

 «….Que les officiers, soldats et tous les sujets les traitent avec douceur, justice et équité, sans leur faire jamais ni tort ni violence, sans qu’on usurpe leurs terres sur lesquelles ils sont habitués, sous le prétexte qu’elles sont meilleures ou plus convenables pour les Français … »

C’est pour cette attitude respectueuse de leur mode de vie que les Amérindiens ont aimé les Français. Les Français les recevaient avec les honneurs, ils passaient des traités avec leurs ambassadeurs, exactement comme ils l’auraient fait avec ceux de pays étrangers. La France désirait pouvoir vivre en paix avec les tribus autochtones, afin de traverser cet immense pays avec l’accord des tribus amies, quant aux tribus hostiles, que les différents gouverneurs de la Nouvelle France arrivaient par moment seulement à concilier à la France, si elles étaient hostiles, c’est parce qu’entre elles, elles se livraient une guerre sans merci, bien avant l’arrivée des Français. C’est ainsi que les Français ayant fait dès leur arrivée, avec Samuel de Champlain, alliance avec les Algonquins et autres Attichawata lors de la fameuse tabagie de Tadoussac,  leurs ennemis légendaires Odinossonis, devinrent de ce fait, également ceux des Français.CarteNovaeFDet.jpg

http://gallica.bnf.fr/dossiers/html/dossiers/FranceAmerique/fr/D2/T2-3-1-a.htm  

Le territoire des Odinossonis se trouvant au carrefour de ceux des Anglais et des Hollandais, leur permettait de dominer toute la région, de fondre sur les Français le long du Saint Laurent avec une grande facilité, mais aussi de se servir des uns contre les autres… Leur intérêt n’était ni pour les Français ni pour les Anglais ou Hollandais, mais seulement pour eux-mêmes, les Odinossonis.

Les Amérindiens, tous les Amérindiens quels qu’ils soient, alliés des Français ou non, étaient placés sous la protection du grand Onontio. Ils furent appelés « nations sauvages » mais aussi, soulignons-le bien, « nations alliées ». Le mot sauvage n’avait pas le sens péjoratif que nous lui donnons aujourd’hui, il signifiait simplement ce qu’en désigne le mot latin Salvacus, homme vivant dans les bois. Quant au nom de Onontio, il avait été donné par les Amérindiens à Charles Huault de Montmagny, le gouverneur de la Nouvelle France qui succéda à Champlain, sans doute à cause de sa grande taille mais plus particulièrement aussi à cause de son nom lui-même signifiant grande ou haute montagne, que les Amérindiens traduisirent en Onontio. Et, depuis lors, ils appelèrent tous les gouverneurs successifs quels qu’ils soient, de ce même nom. Quant au Roi de France c’était pour eux, le grand Onontio.

Une grande partie des Français vivait la même vie sauvage remplie de liberté, sans aucune loi au fond des bois, vivant de la traque et cette vie les enchantait si bien, que peu désirait revenir vivre leur vie de civilisé, cela ne plaisait pas beaucoup au gouverneur et encore moins à l’église et à toute sa bonne morale religieuse, mais il était important de pouvoir compter sur l’expérience de ces aventuriers et de ces   coureurs des bois qui rentraient en amitié réelle avec les tribus au milieu desquelles ils vivaient, durant plusieurs mois pour la plupart… photo_coureurs_des_bois.jpg

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Ils devenaient, comme l’avait souhaité Samuel de Champlain, un même peuple, et en se mariant avec de jeunes amérindiennes les Français allaient franchement et de très bon cœur dans ce sens…

Les Français ont réellement aimé les Amérindiens, ils se sont fait aimer d’eux ! Ces incroyables baroudeurs parcouraient le pays se mêlant en toute amitié aux tribus, ils en apprenaient les langues, les coutumes, ils circulaient sur les fleuves et les rivières en canot d’écorce qu’ils avaient appris à fabriquer à leurs côtés, et l’hiver ils se déplaçaient à la manière amérindienne, avec les raquettes aux pieds… Pour survivre au milieu des Amérindiens, les Français firent la traite des fourrures, en particulier des fourrures de castor, en échange de toutes sortes d’objets, couvertures, verroteries, couteaux, casseroles et mille autres objets usuels inconnus dont raffolaient les tribus… Cela mit en route tout un commerce important en France, puis il s’étendit dans toute l’Europe car les élégantes désiraient toutes avoir un chapeau en peau de castor. Certains de ces premiers colons essayèrent de vivre de l’agriculture, d’élever une famille sur un « rang » de terre, c’était une concession qui leur était allouée dès leur arrivée, elle se trouvait tout en longueur, le long d’un fleuve ou d’une rivière, afin que chacun puisse y avoir accès. Mais une grande majorité de ces Français, dès la fonte des neiges, dès le printemps venu, repartait et s’enfonçait dans les forêts, préférant courir les chemins de traite.

Il est certain qu’ils vivaient dans un monde totalement indien, ils y étaient largement minoritaires, c’est pourquoi il leur fallait avoir des caractères particulièrement bien trempés pour aller vivre, comme ils le faisaient, au plus près des tribus, partager des mois d’existence avec eux, apprendre leurs langues et se faire ainsi accepter d’eux.

Cependant, même si les tribus et les Amérindiens étaient nombreux, beaucoup plus nombreux que les Français, l’aura de ces Français paraissait telle qu’en fait peu importait leur petit nombre.

Certes les cas de violence de certaines tribus hostiles aux Français ont été toutefois considérables, les coureurs des bois, les missionnaires, les soldats en ont fait la terrible et affreuse expérience, ils ont été pillés, torturés, brûlés, ont fini très souvent mangés par les tribus indiennes qu’ils tentaient de se concilier. Ils partaient bien souvent pour un an ou deux, certains mouraient en chemin, on ne les revoyait quelquefois jamais, car ils pouvaient être attaqués tués pour finir carrément mangés, si encore ils n’avaient pas été affreusement torturés avant ! Pourtant, ils pouvaient être aussi adoptés, s’ils avaient été jugés suffisamment valeureux au milieu des pires souffrances des tortures, et ainsi ils pouvaient passer tout le reste de leur vie au milieu de la tribu adoptive.

Les Amérindiens étaient des hommes fiers, conscients de leurs valeurs, ils regardaient les Français comme des égaux, ils étaient des anarchistes absolus, ils ne désiraient qu’une seule chose, la liberté totale pour chacun d’entre eux. Ils ne recherchaient ni le profit ni la richesse, estimant qu’il n’est pas essentiel de gagner beaucoup, se faisant au contraire une réelle gloire et un honneur de leur oisiveté. Evidemment, l’Occident et particulièrement les Anglais, trouvaient cette mentalité intolérable, comment accepter que l’homme préfère travailler moins en estimant qu’il n’est pas nécessaire de gagner beaucoup, jugeant sans ambages que ce sont des paresseux et non pas des esthètes de la vie !! C’était donc deux façons absolument opposées, deux façons totalement différentes de concevoir les choses. Aux antipodes de cet esprit puritain qui célébrait le travail comme la qualité suprême, l’esprit nobiliaire français percevait dans le miroir indien le reflet de ses propres valeurs.

Du côté des Anglais, le traitement fut totalement différent, si l’indien pouvait devenir un allié dont ils avaient grandement besoin, il était maintenu totalement à l’écart, n’étant toléré que comme un inférieur, jugé sans culture, n’ayant aucune notion de la propriété privé et encore moins des profits ! Les anglo-saxons de Nouvelle Angleterre l’assimilèrent même au démon.

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Paul J. Saint Pierre 04/12/2011 16:12

L'article de Louis Cornellier ne démontre qu'une chose c'est que nous les Québécois n'avons pas le courage d'aller à contre courant, de résister et de réaliser enfin notre indépendance.... nous ne
sommes qu'un trop petit nombre à le vouloir vraiment.. Il est effectivement minuit moins une.. pour que les conseils donnés par Durham arrivent à se réaliser pour de vrai .. Et nous aurons laissé
cela se produire, madame Anne Joliet dans son commentaire précédent a raison, nous sommes pratiquement à terre et Louis Cornellier et d'autres peuvent claironner "il faut faire l'indépendance, elle
n'est pas dépassée, c'est la dépendance aux anglos qui l'est.." oui, très bien, il faut la faire, mais comment? avec qui ?.. Ils sont si peu nombreux ceux qui font quelque chose pour tendre vers ce
but !.. Monsieur Dornac, ne vous leurrez pas , vous avez bien plus de résistants chez vous en France qui descendent dans la rue que chez nous, chez nous ils sont tous derrière leurs claviers
d'ordinateurs .. et c'est tout ! Lorsqu'une manifestation est organisée, les plus virulents qui tapent tant sur leurs claviers, ne sortent même pas de chez eux !.. Ah nous ne sommes pas bien fiers
d'observer que nos ancêtres Français ont toujours résisté, plus près de nous nos pères et arrières grands-pères aussi, nous, nous allons être la première génération à baisser les bras et à se
laisser assimiler !

jdor 04/12/2011 16:29



Il est certain que je ne peux pas, d'ici, me rendre compte de vos réalités, même si je reçois des informations plutôt alarmantes notamment d'une amie québécoise qui m'est très chère. Mais vous
savez, pour ce qui est de la France, c'est en avril et mai prochain que nous saurons. Je crains fort que Sarkozy ne soit réélu, ou alors Marine le Pen. Rares, aujourd'hui, sont les peuples qui se
réveillent. Peut-être, chez vous comme chez nous, devrons-nous connaître le pire pour que les yeux s'ouvrent, pire que, pourtant, je ne souhaite pas...


Je comprends votre amertume sur tous ceux qui se cachent derrière leurs claviers. Cependant, voyez-vous, je fais de même, non par choix, mais parce que physiquement trop épuisé. Alors, je prends
l'arme qui me reste, l'écriture. Chaque fois qu'on me remercie, en me disant que j'ai fait bouger une opinion, je me dis que mon travail n'est pas inutile, en dépit des apparences. Est-ce
suffisant ? Je ne sais pas, mais mieux vaut cela que rien !


Quoi qu'il en soit, par mon amitié pour vous, les Québécois, je veux espérer encore, que vous trouverez la force du sursaut !



Anne Joliet 04/12/2011 14:14

Ce sont des personnes comme Marie-Hélène Morot-Sir qui nous rendent notre fierté d'avoir des ancêtres Français, le conquérant depuis 253 ans nous a toujours rabaissé humilié...et plus encore! Nous
nous sommes alors repliés sur nous-mêmes, nous avons pourtant résisté.. puis nous avons relevé les défis mais nous avons toujours à l'esprit que nous sommes des colonisés, nous ne mettons, ou alors
bien rarement, en avant tous ces héros Français si magnifiques , nous les cachons presque ! c'est incroyable alors que tout le monde connaît les héros des états-unis d'Amérique tel David Crocket,
qui connaît Adam Dollard des Ormeaux, ou Pierre Radisson? De toutes façons les fédéraux ne veulent pas en entendre parler, ils ne désirent qu'une chose c'est que leur grand canada anglais ne
commence qu'avec LEUR conquête et rayer d'un trait de plume toute la période de l'Ancien Régime Français . Vous le voyez nous sommes presque à terre !..Heureusement çà prend des personnes comme cet
auteur pour revaloriser notre passé et nous rendre notre fierté.. merci vraiment à elle. Bien sûr merci infiniment à vous Monsieur Dornac de nous faire connaître ses textes sur votre journal. Anne
joliet

jdor 04/12/2011 15:06



Non, il ne faut pas que vous soyez à terre ! Vous avez des ancêtres extraordinaires et vous avez une fierté que je ne suis pas certain de trouver, aujourd'hui, en France. Il en est, chez vous,
qui résistent et qui montrent ce qui se passe. Une très chère amie du Québec m'a envoyé ce lien :  http://www.laction.com/Opinion/Louis-Cornellier/2011-11-30/article-2814447/La-dependance-est-depassee/1


Texte très clair et lucide, je me suis permis d'y laisser un commentaire. Je ne sais si vous le connaissez, mais il vaut la peine d'être lu.



Paule Brajet 04/12/2011 13:56

Comment vous remercier, Monsieur Dornac, de nous avoir fait connaître cet auteur qui nous en apprend tant au point de vu de l'Histoire de la Nouvelle France? j'ai presque terminé la lecture de ses
deux gros tomes de "Au cœur de la Nouvelle France" je ne peux vous dire combien j'ai appris de choses que j'ignorais .. Pourquoi les grands médias ne nous parlent jamais de livres aussi
instructifs? Ces livres-là mériteraient un prix littéraire et Marie-Hélène Morot-Sir le recevrait sans aucun doute, si elle était davantage connue sur la place publique ! mais qui aujourd'hui dans
les agence de communications s'intéressent à l'Histoire en général, et à celle du Québec en particulier?.. Voilà pourquoi nous devons remercier encore davantage des personnes comme elle, de nous
transmettre ses précieuses connaissances...

jdor 04/12/2011 14:59



Je me hasarde à une réponse : Peut-ête que les grands médias n'ont-ils pas, aujourd'hui, pour but d'entretenir le souvenir de gens trop courageux. Des fois que cela réveillerait des résistants
pour aujourd'hui... Et puis, les agences de communication, suivant comme des toutous la mentalité "marchande" d'aujourd'hui, ne trouvent d'intérêt que dans les récits futiles de telle ou telle
vedette, politiciens, récits bien souvent écrit, de surcroît, par d'autres qu'eux-mêmes...



Thierry Courtet 04/12/2011 11:44

Je vous écris à nouveau d'Avignon, pour vous dire que je viens toutes les fins de semaine lire les textes sur la Nouvelle France, et toutes les fois je suis impressionné de découvrir ce passé
français ! Comment ont-ils fait pour arriver à s'habituer à une autre pays, un autre climat et à se faire accepter des tribus amérindiennes, sans vouloir les assimiler mais au contraire à partager
avec eux, affection, amitié et même amour.. Incroyable ! merci à Marie-hélène Morot-Sir de si bien nous raconter tout cela.. Il y a de quoi être fiers d'avoir de tels ancêtres pour les descendants
français du Québec..

Françoise Vidal 04/12/2011 08:52

Instructif et passionnant ce nouvel article de Marie-Hélène Morot-Sir, cela donne réellement envie d'en connaître toujours davantage sur ce passé français en Amérique du Nord, Monsieur Dornac
remerciez la pour moi et pour les autres lecteurs qui apprécient tant ces textes au vu de leurs avis laissés en commentaires..

jdor 04/12/2011 09:02



Je n'y manquerai pas et, de plus, lorsqu'elle a un petit peu de temps, elle vient lire les réactions.