Journée de la Femme : Chance ? Non, déficience de la société !

Publié le par jdor

Par Jean Dornac

S’il me semble normal de célébrer nos compagnes, leur consacrer une seule journée dans l’année montre la faiblesse des hommes, notamment de ceux que l’on appelle « les élites ». Car après-tout, ceux qui s’auto proclament de cette façon, tiennent les rênes du pouvoir. Ils ont donc la possibilité de changer les graves inégalités qui existent toujours entre les deux moitiés du monde ! Mais ils ne font rien, ou si peu…

Sans doute, conscients de l’intelligence et la finesse d’esprit d’un grand nombre de femmes, ces hommes-là, dignes descendant de l’homme des cavernes, tremblent-ils pour leur pouvoir qu’ils veulent sans partage ! J’appelle cela de la faiblesse, mais aussi de la stupidité. C’est l’humanité qui, à cause de leur immobilisme débile, souffre du manque de place qui est faite aux femmes, partout sur cette planète.

La face de la terre serait toute autre si les femmes avaient réellement la parole. Oh certes, elles sont considérées comme très utiles en tant « qu’utilités » dans les usines ou les bureaux. On peut tout leur imposer ou presque ! De peur de perdre leur emploi, et le salaire plus bas que celui des mâles, beaucoup d’entre elles acceptent de servir de « bonnes du capitalisme ». Celui-ci, avec cette main d’œuvre très bon marché, malléable à souhait, y trouve totalement son compte, sachant que la « morale » et l’humanisme ne font jamais parties de ses capacités. Celui-là, n’adore que l’exploitation humaine, jusqu’au scandale.

A propos des politiciens…

Du côté des politiciens, évidemment, la situation n’est pas meilleure. Pourquoi le serait-elle lorsqu’on voit que nombre de députés mâles et autre bonhommes de pouvoir sont des machistes maladifs, ne voyant dans les femmes que leurs seins ou leurs jambes si elles portent robes ou jupes ? Ils sont incapables même d’imaginer qu’une femme pourrait les diriger et leur donner des ordres ! Ils en feraient de grosses urticaires, les pôvres !

Et puis, rejoignant ce que je disais plus haut, les chefs de partis politiques tiennent, presque comme un droit héréditaire, à s’accaparer le pouvoir, c’est leur chose et pas celle des femmes. Les femmes à la cuisine ou au lit, voilà leur credo ! La deuxième raison, même si elle n’est jamais exprimée, est sans nul doute leur crainte que les femmes soient trop capables d’humanisme, donc qu’elles auraient un sens bien plus poussé de le Justice, de la Fraternité, de l’Egalité et de la Liberté ! De telles dispositions, évidemment, indisposeraient gravement leurs soutiens financiers, entreprises multinationales et richissimes personnages, dont les bénéfices absurdes et scandaleux risqueraient de pâtir en raison de ces grandes qualités féminines dont la plupart des politiciens mâles n’ont que faire ou sont dépourvus !

Jusqu’ici, leurs craintes ne se sont pas vraiment vérifiées. Il suffit de songer à des femmes comme Maggie Thatcher, Golda Meir et quelques autres qui, sans doute, voulaient démontrer aux mâles qu’elles ont la même capacité de nuisance qu’eux, eux tous ces types pas encore sortis de la préhistoire. Ces femmes-là ont été cause ou soutien de diverses guerre et, dans le cas anglais, de tragiques appauvrissements, tant des droits, libertés et politiques sociales, nuisances qui ont fini par empoisonner le monde entier. Mais, pour elles, peut-on encore parler de femmes ? De corps, certes, elles l’étaient, mais d’esprit, c’est une toute autre histoire…

Alors, je rêve de l’accession d’une vraie femme, pleine et entière, de corps et d’esprit, à la tête de mon pays ou d’un autre. Une femme qui sache éviter le piège mortel de l’imitation des mecs, une femme qui appliquerait les qualités féminines reconnues universellement ! J’espère qu’il ne s’agit pas d’une simple utopie de ma part…

A propos de la nécessaire lucidité…

Il faut, évidemment, rester lucide sur la part d’humanité de nos compagnes. Tout comme nous, les hommes, elles ont leurs défauts, leurs manques, leurs faiblesses. Ce serait stupide de le nier. Certaines sont invivables et cruelles de nature. Hitler, sans doute et malheureusement, pourrait aussi se décliner au féminin. Certaines nazies n’avaient rien à envier aux tortionnaires mâles, c’était la même négation de la vie et de l’essence des humains.

Par ailleurs, dans le travail, si certaines femmes ne bénéficient pas de la même force physique, c’est oublier un peu vite que certains hommes sont dans le même cas ! Cependant, pour le travail, dans une société comme celle de la France d’aujourd’hui, on a de moins en moins besoin de force musculaire, mais bien plus de finesse d’intelligence, là où, souvent, les femmes excellent ! Alors, messieurs les patrons imbus de votre pouvoir, qu’attendez-vous pour le partager avec les femmes ? Et à salaire égal, non de nom !

A propos des mouvements féministes…

On critique, souvent fortement, les mouvements féministes. Il est vrai que, parfois, certains d’entre eux poussent le bouchon un peu trop loin. Mais, pour ma part, réalisant où en étaient les femmes, il y a de ça à peine quelques décennies, je considère que ces mouvements étaient non seulement légitimes, mais de plus absolument nécessaires. Une chose me paraît essentielle : Il ne faut pas que ces mouvements, à force d’exiger l’égalité à tous crins et en tous domaines, en oublient certaines différences incontournables. Mais ces différences ne justifient en rien de moindres droits pour les femmes par rapport aux hommes. Pas plus qu’elles ne justifient que trop d’hommes les considèrent comme des femmes objets uniquement faites pour leur plaisir !

A propos du sexe et du plaisir…

Le plaisir, s’il ne faut surtout pas l’occulter, doit être un véritable partage entre l’homme et la femme ! S’il devient uniquement égoïste de la part d’un des deux partenaires, il n’a plus de sens et n’est plus que le soulagement d’une pulsion mal maîtrisée. L’amour, dans ce cas, est exclu. Dans cette perspective du plaisir, je n’introduis aucune morale de type religieux. Cette dernière, restée à l’état de dogme intangible et absurde, tue l’amour et le partage, mais aussi la liberté de chacun de faire ce qu’il veut avec son corps. C’est encore, hélas, une manière de prendre le pouvoir sur les hommes et les femmes et c’est inacceptable !

En amour physique, la femme et l’homme ont autant à donner et à recevoir l’un que l’autre, sans quoi, ils vivent une mascarade. Et l’amour physique ne peut s’exprimer dans toute sa saveur que dans la liberté des pratiques, rien n’étant immoral, mais liberté toujours choisie et pratiquée par les deux partenaires. On voit, si l’on suit une telle logique, que le vrai machiste a tout faux. La femme est et ne peut qu’être une partenaire à égalité de droits et de choix, tout au moins si l’on veut réellement atteindre le plaisir à deux de façon absolue.

En conclusion…

La journée de la femme ne devrait plus exister. C’est tout au long de l’année que la femme doit être célébrée ! Tout comme l’homme d’ailleurs ! C’est l’humanité, femme et homme, qu’il faudrait enfin honorer !

Cette journée n’existe encore qu’en raison de la stupidité de trop de mâle, incapables de comprendre que la femme est une chance unique, un bonheur sans limites et non pas un objet uniquement de plaisir, une source de bénéfice pour les entreprises, ou une ménagère, voire une « pondeuse » pour satisfaire « les édits divins » quelque peu farfelus, écrits il y a quelques millénaires !

L’humanité n’est et ne sera noble qu’à partir du moment où tous ses membres bénéficieront du même respect légitime. Alors, hommes, mes frères de sexe, si vous en êtes encore au stade du machisme, maladie ô combien infantile, changez votre regard ! Découvrez, enfin, ce qu’est une femme !!!

Paris, le 8 mars 2012

 

Publié dans Réflexions

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