L’acharnement suspect de La Presse

Publié le par jdor

Encore l’un de ces articles dont vous, lecteurs Français, vous pourriez vous demander pourquoi je vous le soumets. La raison est, comme souvent avec les articles de Richard Le Hir (Ancien ministre Québécois), que cet article permet de comprendre les liens entre Desmarais, son Empire et le pouvoir de Nicolas Sarkozy. A une dizaine de jours du premier tour de la présidentielle, il est très utile, à mon sens, de connaître ces liens pour le moins suspects. Et cela permet également, ô combien, de comprendre pourquoi, en aucun cas, Sarkozy n’a pu et n’a voulu entendre parlers d’une indépendance du Québec. Ce serait aller frontalement contre les intérêts de Paul Desmarais et ses héritiers, ce personnage qui est l’un des responsables directs de l’élection de Sarkozy en 2007. Quelle différence abyssale avec le Général de Gaulle et son inoubliable « Vive le Québec libre » ! (Jean Dornac)


 

SNC-Lavalin diabolisée par association

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 Tribune libre de Vigile - mercredi 11 avril 2012      

« Des affaires avec le diable » !

C’est en effet la manchette qui s’étale en première page de La Presse aujourd’hui, à côté d’une photo de feu Mouammar Kadhafi, assassiné dans les conditions qu’on connaît par les forces de l’OTAN dont faisait partie le Canada. Et le fait que Kadhafi n’ait pas exactement été un enfant de choeur ne constitue aucunement une justification pour la manière brutale avec laquelle il a été liquidé par des États qui se disent démocratiques et civilisés.

Mais là n’est pas mon propos. Ce dont je veux vous entretenir aujourd’hui, ce n’est pas tant du diable qu’aurait pu être Kadhafi, c’est du caractère éminemment suspect de l’acharnement que met La Presse depuis quelques mois à salir la réputation de SNC-Lavalin en l’associant à rien de moins que le diable. La culpabilité par association, vous connaissez ? Si vous croyez que La Presse, dans cette affaire, se contente tout simplement de relayer la nouvelle, vous vous mettez le doigt dans l’oeil jusqu’à l’omoplate.

Si tel était le cas, sa couverture serait beaucoup plus nuancée. Après tout, SNC-Lavalin fait des affaires, pas de la politique étrangère, et elle vend ses services à qui veut bien les acheter.

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Ça prend donc tout le « front d’boeuf » et l’hypocrisie dont l’Empire Desmarais est capable pour se draper dans la « vertu » ( ! ) et dénoncer le « scandale » des transactions de SNC-Lavalin avec Khadafi alors que la pétrolière Total, une des participations les plus importantes de sa filiale Pargesa, fait face en France à des accusations de la justice pour son implication dans l’affaire « pétrole contre nourriture », un énorme scandale international dans lequel se trouve aussi impliqué Maurice Strong, un ancien président de Power Corporation demeuré longtemps conseiller spécial de l’entreprise après avoir laissé ses fonctions à la haute direction.

SnapShot 120411 180536-6a49cOn se souviendra aussi que Maurice Strong devint par la suite secrétaire-général associé des Nations-Unies avant de devoir quitter ses fonctions à l’ONU en 2005 après la publication du rapport sur le scandale « pétrole contre nourriture ».

« The inquiry into the UN’s scandal-ridden oil-for-food program has found that Canadian businessman Maurice Strong accepted a personal cheque for nearly $1-million US from a controversial businessman who was working closely with the Iraqi regime. »

Et l’on se souviendra qu’il fut un temps où les activités de Power en Chine étaient plutôt mal vues, au point de valoir à Jean Chrétien, le beau-père d’un des héritiers Desmarais, un avertissement très clair de Giuliano Zaccardelli, alors commissaire de la GRC. À ce sujet, je ne saurais trop vous recommander la lecture de cet article de Paul Palango sur le projet conjoint « Sidewinder » de la GRC et du SCRS, d’abord paru dans le National Post en 2008.

Avec des cadavres pareils dans son placard, l’Empire est bien mal placé pour faire si fine gueule devant les agissements de SNC-Lavalin. C’est bien connu, quand on habite une maison de verre, on ne lance pas de cailloux, et son intervention dans ce dossier n’a donc rien à voir avec la « vertu » et la dénonciation des dérives diaboliques de SNC-Lavalin, mais plutôt tout à voir avec ses intérêts.

* * * 

En effet, à en juger par son comportement, l’Empire Desmarais a manifestement intérêt à ce que SNC-Lavalin soit éclaboussée au maximum par un scandale dont [il est en mesure de contrôler l’évolution et l’intensité avec

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ses éditoriaux,

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http://lapresseaffaires.cyberpresse... dans La Presse et les autres quotidiens de sa filiale Gesca.

Connaissant les méthodes tordues de L’Empire et son habitude de s’avancer caché, il est encore difficile de savoir s’il agit pour lui-même directement ou pour des partenaires avec qui il est associé. Une chose est certaine, l’Empire est en train de fragiliser SNC-Lavalin autant sur le plan de sa crédibilité professionnelle que sur celui de sa solidité financière. Le titre qui se négociait à 59,11 $ le 4 juillet dernier, se négocie aujourd’hui à 39,39 $, soit une chute de presque 20 $ l’action en moins d’un an.

Pour un titre de cette catégorie, il s’agit d’une perte très importante, presque dramatique, qui laisse entrevoir la possibilité d’une prise de contrôle prochaine par un « chevalier blanc » qui pourra ainsi faire l’acquisition d’un joyau de l’entrepreneurship québécois au prix d’une vente de feu.

Lorsque cela se produira, ne soyez pas étonné de découvrir que les acquéreurs sont des gens proches de l’Empire Desmarais. Tenez, je vous suggère même le nom d’un des repreneurs potentiels, le groupe français Bouygues :

« Créé en 1952 par Francis Bouygues, Bouygues est un groupe industriel diversifié, structuré par une forte culture d’entreprise et dont les métiers s’organisent autour de deux pôles : la Construction avec Bouygues Construction (BTP et Energies & Services), Bouygues Immobilier et Colas (Routes), et les Télécoms-Médias avec TF1 et Bouygues Telecom. »

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Le groupe est aujourd’hui dirigé par Martin Bouygues qui était d’ailleurs présent lors de lacérémonie « intime » de la remise à Paul Desmarais de la Grand’ Croix de la Légion d’honneur par Nicolas Sarkozy à l’Élysée, en compagnie de toute une kyrielle de personnalités dont Jean Charest (Pour un regard un peu plus critique, voir aussi « Un renvoi d’ascenseur qui sent le gaz de schiste »). Précisons aussi que Martin Bouygues était également présent à la remise de la légion d’honneur à Jacqueline Desmarais l’automne dernier à l’Élysée.

SnapShot_120411_181309-93664.jpgQuand on connaît tous les grands projets d’infrastructures qui se profilent à l’horizon au Québec (l’échangeur Turcot et le Pont Champlain pour ne mentionner que ceux-là), quand on pense que SNC-Lavalin cherchait à acquérir en décembre dernier les actifs de Simard-Beaudry de Tony Accurso, quand on sait que siège au conseil de Power Corporation et de la Financière Power le président de Shockbéton, Marc Bibeau, et que Power détient un intérêt important dans le groupe cimentier français Lafarge, quand on connaît son intérêt pour la privatisation d’Hydro-Québec, on se dit que l’Empire Desmarais ne serait justement pas un empire s’il ne cherchait pas à se positionner avantageusement dans les plus gros projets que connaîtra le Québec dans les années à venir, même s’il lui faut pour cela jouer des coudes et écraser quelques joueurs moins solides au passage.

Et l’on voit qu’une entreprise comme Bouygues, jouissant d’une grande expérience des grands projets, serait le partenaire idéal.

* * *

Toutes ces querelles de gros intérêts seraient d’un intérêt limité pour les lecteurs de Vigile et la plupart des Québécois si l’un des plus importants actionnaires de SNC-Lavalin n’était pas la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ). En effet, dans l’état actuel des choses, les géants jouent leurs jeux de pouvoir avec leur sécurité financière.

Or depuis la perte de 40 milliards $ par la CDPQ, le passage aussi soudain que surprenant de son ancien président Henri-Paul Rousseau chez Power, la nomination de Michael Sabia, un proche de l’Empire Desmarais, à la tête de la CDPQ, et de Roland Lescure, au autre proche de l’Empire Desmarais, à la vice-présidence de la CDPQ, la question de l’indépendance de la Caisse de dépôt se pose, et personne n’y répond.

Source de la page : http://www.vigile.net/L-acharnement-suspect-de-La-Presse

Publié dans Les "affaires"

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clovis simard 17/04/2012 23:36

blog(fermaton.over-blog.com),No-20. - THÉORÈME MARTEAU. - LES ACCURSO AU QUÉBEC ?