L’appauvrissement des peuples cache l’arrêt de mort de la démocratie

Publié le par jdor

Ce titre peut paraître exagéré. Il faut pourtant bien réaliser et comprendre, que les divers pouvoirs européens, américains et financiers ont décidé la perte de l’essentiel des peuples qui sont sous leur domination. Tout pays qui dépend du FMI est un pays qui va souffrir, d’abord d’humiliation, puis de faim et souffrances multiples avec, au bout, pour un certain nombre, la mort par suicide (comme en Grèce) ou de misère et de maladie. Il faut y ajouter une autre mort, même si elle semble moins grave, celle de l’esprit en raison des attaques incessantes contre l’Enseignement dans tous les pays victimes de l’idéologie néolibérale de leurs dirigeants, comme en France, avec Sarkozy.

Compte tenu de mon entrée dans la soixantaine, l’an dernier, je ne pensais pas, en tout cas j’espérais ne pas voir mon pays sombrer dans la dictature molle, non pas par les décisions dictatoriales, mais par le nombre réduit de morts ou d’arrestations arbitraires, du moins pour le moment. Depuis l’odieux chantage exercé par Merkel et Sarkozy contre la Grèce au G20, mes dernières espérances se sont évanouies. Ce couple infernal a montré, ô combien, son dédain pour la démocratie, son mépris envers la souveraineté des peuples. Aujourd’hui, c’est la Grèce, c’est déjà l’Italie sous tutelle à la fois allemande et du FMI, demain ce seront l’Irlande, le Portugal et l’Espagne. N’en doutez pas, notre tour viendra. Moloch n’est jamais rassasié, il lui faut toujours de nouvelles victimes pour assouvir son appétit du sang des innocents !

Sarkozy et le général de Gaulle

http://jeunes.dlr06.org/index.php?Humour

sarko-de-gaulle.jpgAvec le recul, je me rends compte combien la France est devenue quelque chose de très petit. Pas trop le peuple, à vrai dire, mais le pouvoir. J’ai eu la chance d’être suffisamment âgé pour suivre un peu le général de Gaulle à l’époque où il gouvernait encore. Certes, ce n’était pas un saint, certes, on peut lui reprocher beaucoup de choses, notamment les « pieds noirs », mais il reste que c’était un Grand Homme, dans le meilleur sens du terme. La comparaison avec Sarkozy est particulièrement cruelle, au point de rendre ce dernier parfaitement ridicule lorsqu’il tente, du haut de son ego, de se réclamer de l’héritage du général de Gaulle. Il a essayé, plusieurs fois, de s’accaparer l’illustre personnage, ces derniers temps.  Mais pour y réussir, il faut avoir une toute autre stature. Ces deux hommes sont aussi antinomiques que possible.

A commencer par la taille, mais cela, Sarkozy n’y peut rien. Plus sérieusement, il faut, c’est très important, se rappeler que de Gaulle a voulu et installé, régulièrement, le référundum pour vérifier que le peuple était encore en adéquation avec sa politique. Imaginez-vous Sarkozy faire de même ? Non, il n’est pas de taille !

Car il faut du courage, pas seulement politique, mais également humain. La première fois que le général a perdu un référundum, il s’est retiré, dès le lendemain, du pouvoir. Imaginez-vous Sarkozy faire de même ? Allons, restons sérieux !

Si de Gaulle a été le premier Président à se rapprocher et à vouloir l’amitié avec l’Allemagne, jamais il n’aurait accepté d’être dépendant de ce pays.

Imaginez-vous Sarkozy faire de même ? Non, et nous le voyons tous les jours depuis le début de la « crise » !

De Gaulle s’appuyait, pour l’essentiel, sur le peuple pour garantir sa légitimité.

Sarkozy s’appuie, lui, sur le monde des financiers, allant chercher ce type d’appui jusqu’au Canada chez Paul Desmarais en plus de quelques richissimes français.

Je pourrais, bien sûr, poursuivre ces comparaisons avec tant d’autres domaines, mais à quoi bon, il suffit de se rappeler et de comparer. Si l’on est outillé pour faire cette comparaison,  autrement dit si on est contemporain du général ou que l’on connaît bien l’histoire des soixante dernières années, la réalité de la situation est d’une cruauté sans bornes pour l’actuel Président… Le problème, ce n’est pas tant qu’en voulant se comparer au premier Président de la Vème République l’actuel se ridiculise, mais la petitesse de ce dernier est la garantie de la souffrance des Français. Et comme, toujours au cours de l’histoire, lorsqu’un chef n’est pas à la hauteur de ses ambitions, il a tendance à se transformer en petit ou grand dictateur.

Sarkozy et sa notion de la démocratie

Sarkozy sait que s’il respecte totalement la démocratie, il a toutes les chances de ne pas être réélu, l’an prochain. La tentation est donc grande de passer outre sur la déontologie politicienne, si tant est qu’elle existe. Ainsi, en l’espace d’une semaine, ce triste président (pourquoi mettre encore un « p » majuscule ?), s’est permis d’occuper pour sa seule satisfaction, les deux chaînes de télévision les plus importantes en termes d’écoute, de notre pays. C’est parfaitement inacceptable, d’autant que nous ne sommes pas dupes, ces émissions ne sont jamais que les premiers éléments de sa campagne électorale et ceci sans qu’il ne lui en coûte rien. J’ai vu l’effarement réel et profond, d’une journaliste interrogée sur Direct 8, après la première émission de Sarkozy. Travaillant aussi bien pour la Belgique que pour la Suisse, elle a dit que, jamais, dans ces pays, le dirigeant principal aurait pu agir de la sorte : Dans ces pays, ce serait un véritable scandale qu’un dirigeant politique puisse décider par quels journalistes il sera interrogé, comme il serait parfaitement scandaleux qu’il puisse choisir qui produit l’émission, pour Sarkozy, en l’occurrence, le privé, le groupe de l’un des ses amis. Et nous pourrions imaginer que nous sommes encore en démocratie ?

De même, lorsqu’il a décidé de l’intervention en Libye, croyez-vous qu’il en aurait référé d’abord au Parlement comme la Constitution l’exige ? Mais non, monsieur se considère déjà au-dessus des lois et de la Constitution. Le Parlement ne fut « consulté et informé » que plusieurs mois après… Et nous serions encore en démocratie ?

Le pire de ce que nous avons vus, ces dernières années, avec le rejet totalement antidémocratique du résultat du référundum sur le TCE, c’est tout de même sa réaction incroyable et inacceptable sur le référundum voulu par Georges Papandréou. On a tout de même vu l’épaisseur de son mépris envers les peuples, pas seulement le nôtre. Sous prétexte d’une fallacieuse responsabilité à laquelle le Premier ministre grec aurait renoncé, Sarkozy et Merkel ont exercé l’odieux chantage que l’on sait. Si l’on regarde la façon de faire de Sarkozy depuis qu’il a été ministre de l’Intérieur, nous ne devrions pas être surpris par son mépris des peuples.  C’est tout de même lui qui voulait « nettoyer au karcher » une partie de la banlieue parisienne ; c’est tout de même lui qui dit à un homme refusant de lui serrer la main « casse toi, pauvre con » ; c’est tout de même lui qui impose des services d’ordre débiles lors de ses déplacements et fait placer les membres de l’UMP partout où il passe ; etc, etc, etc…

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441949737.jpgLa démocratie à la Sarkozy, par exemple, ne supporte pas que des citoyens Indignés puissent se rassembler à la Défense, sous l’Arche. C’est qu’il lui faut une France lisse, une France qui obéisse au doigt et à l’œil, autrement dit, une France vide : Vide de toute espérance, vide d’opinions autres que la sienne ; la seule chose qui puisse lui convenir, c’est une France aussi lisse que le vide ! D’où les attaques extrêmement violentes contre les Indignés par des CRS qui en viennent à voler les tentes et l’alimentation de ces manifestants parfaitement pacifiques ! Et c’est ça, qu’on appelle une démocratie ? Faut cesser de dire n’importe quoi !

Qu’on cesse de nous raconter des bobards, la démocratie, c’est le passé récent de la France, même sous Chirac, mais ce n’est plus d’actualité ! Il ne faut pas se tromper, ce n’est pas parce que nous pouvons nous exprimer, sauf si l’on est un Indigné à la Défense puisque les forces de Sarkozy prennent les pancartes et cassent du manifestant, que nous sommes encore en démocratie. Ce n’est pas parce que nous pouvons participer aux manifestations syndicales ou tenir des blogues, que nous sommes en démocratie.  Tout cela est toléré, oui, seulement toléré, parce que cela ne menace pas son pouvoir,  le monde des politiciens qui nous gouvernent et les financiers. Touchez sérieusement à l’un de ces mondes, et vous verrez se déchaîner la violence d’Etat. Menacez sérieusement « leur » Europe, et vous verrez le feu se déchaîner contre vous, et les prisons se multiplier. Abandonnez vos illusions ! Vous pouvez toujours rester dans vos rêves, mais le réveil, lorsqu’il aura lieu, n’en sera que plus violent encore.

Une chose de plus me confirme que nous sommes dans une situation dramatique du point de vue de notre démocratie. J’ai entendu Marie-France Garaud, dans Ce soir ou jamais. Voilà une femme en qui je n’ai jamais eu grande confiance, pourtant, je l’ai entendu dire exactement ce que je pense et explique ici. Elle aussi est effarée par la perte de démocratie actuelle. Ce n’est pas rien venant de quelqu’un qui fut si proche du pouvoir de droite…

La crise, nous dit-on, est grave. Ce serait la pire depuis celle de 1929. Si nous étions en démocratie réelle, un référundum serait organisé pour nous consulter quant aux choix essentiels à prendre. Ne rêvons pas, Sarkozy n’est pas homme à s’encombrer de notre avis. Le peuple français n’est rien, pour lui.

Aux candidats qui prônent la démondialisation,  l’UMP ne trouve comme réponse que l’assimilation au Front National. Cette nouvelle manipulation, relayée et entretenue par certains médias et certains journalistes, démontre, là encore, que l’esprit démocratique, qui sous-entend le respect des adversaires, est parti en fumée. Ainsi, Jean-Luc Mélanchon, Arnaud Montebourg et Nicolas Dupont-Aignan, pour ne citer que les principaux, auraient tous leur cartes du FN ! Tout cela est ridicule et odieux, c’est juste une tentative de sauver les lambeaux du néolibéralisme qui s’en va en morceaux un peu partout dans le monde.

Sur deux affirmations de Sarkozy

En 2007, lorsque Sarkozy prônait la « rupture sans tabous », il fallait lire ce qu’il ne voulait surtout pas dire : Sa « rupture », c’était obtenir la fin de la démocratie française !

Sarkozy, ces derniers jours, dit, à propos du plan européen « en faveur » de la Grèce : « Ce plan est la seule solution possible ». Faut-il avoir l’esprit racorni par l’idéologie et sa peur de perdre le triple A pour dire une telle sottise ! Dans la vie, en tous domaines, il y a toujours des solutions multiples. Il faut juste avoir du courage pour réfléchir indépendamment des lobbies financiers…

Il n’y a nul besoin de courage pour s’en prendre aux pauvres et aux classes moyennes en multipliant les plans de rigueur. N’importe quel petit politicien peut faire la même chose. S’il avait du courage politique, il dirait non à la tyrannie des marchés. Et bien, non, il se couche « en bon toutou à son maimaître »…

Je veux espérer que le peuple, lui, en avril et mai prochain lui montrera la porte de sortie. Sans quoi, l’espérance sera morte et la révolte pourra tout balayer aux temps inéluctables. Et, si le peuple le sort, il faudra encore que son successeur ait le courage d’affronter le monde criminel de la finance et des spéculateurs. Ce n’est pas gagné. Chaque chose en son temps, cependant…

Jean Dornac
Paris, le 8 novembre 2011

Publié dans Réflexions

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Nathalie 08/11/2011 17:56


Je vous connaissais plus "calme" que cela ,mais comment ne pas finir par monter sur ses "grands chevaux" face à un tel président!
Je me mets à vos côtés en ce qui concerne votre réaction indignée!
Il est certain que nous n'aurons jamais droit à un référundum ,nous ne sommes rien pour cet homme épris de son pouvoir ,qu'il veut remettre ça pour 5 ans!
Oh non pas de malheur ,on est assez servi comme cela!
Et bravo pour l'affiche montrant cet enfant partageur , pas comme certains.....


jdor 08/11/2011 18:00



Il est de plus en plus difficile de rester "calme" devant les dénis de démocratie flagrants. Et encore, lorsque les barricades repousseront dans les rues de Paris, je regretterai amèrement de
n'avoir plus la force physique pour y être, comme je regrette, pour la même raison, de ne pouvoir être à la Défense avec les Indignés.



Alain Losco 08/11/2011 16:19


Bravo Monsieur Dornac,
je partage entièrement la totalité de vos propos, en vous lisant je me sens moins seul, puissent nos rangs grossir de jours en jours.


jdor 08/11/2011 16:22



Merci ! Moi aussi, je veux espérer que nous serons de plus en plus nombreux à comprendre où nous mène le pouvoir incarné, hélas, par Nicolas Sarkozy. Gardons confiance !