La France de Sarkozy

Publié le par jdor

« Après les primaires, Sarkozy veut qu’on parle de lui » (Titre de Marianne). On s’en doute, qu’il a envie qu’on parle de lui. Depuis son arrivée à l’Elysée, on ne fait que ça, ce qui devait flatter son ego. Et, là, subitement, trois semaines durant, on s’est mis à parler du PS et de ses primaires, un peu moins de lui. Diable, que c’est frustrant pour le Président des médias !

Selon le CSA, la droite au pouvoir a accumulé des records d’absence de temps d’antenne, donc, de propagande. Qui s’en plaindra après ces années de mise en scène de Sarkozy ? L’UMP et ses partisans, c’est sûr, mais les citoyens, j’en doute, franchement. Il faut donc s’attendre à une déferlante UMP et consort sur nos ondes, durant les prochaines semaines. Ce sera très dur à supporter, si l’on songe au « désert » de parole de l’UMP de ces derniers temps, mais en n’oubliant tout de même pas l’omniprésence de Henri Guaino sur tous les médias possibles et imaginables tout au long des dernières semaines. Cet adorateur de Sarkozy ne nous a rien épargné, ces temps derniers. De même, d’ailleurs, pour JF Copé, Nadine Morano et Eric Besson, tous, hormis le premier, groupies de Sarkozy jusqu’à la nausée pour qui les écoute.

On dit que Sarkozy devrait intervenir, la semaine prochaine, dans une nouvelle émission, sur deux chaînes nationales de télévision. C’est que, fichtre, il faut qu’il reprenne la main ! C’est dur, trois semaines sans être premier au hit-parade des intervenants politiques !

Pour ma part, n’en doutez pas, je n’écouterai pas Sarkozy ni ses zélateurs. Il se trouve, pardonnez-moi de parler de moi-même, que je suis obligé d’écouter la télé avec un casque, mon ouïe s’approchant, peu à peu, du point zéro. Mais ce handicap m’offre la possibilité, dès que je vois un UMP, un ministre ou Sarkozy lui-même, d’enlever ce casque et de trouver une paix infinie jusqu’au moment béni où on passe à autre chose. Il faut dire que ces gens n’ont plus rien à m’apprendre sachant que leurs promesses, comme en 2007, ne sont que vents destinés à « enfumer » les malheureux qui écoutent. Il y a, désormais, assez de recul pour être certain de cela. Et puis, franchement, le pipeau n’est pas mon instrument de musique préféré !

Car, en fin de compte, qu’est la France de Sarkozy ?

Si Sarko est le « sauveur du monde », tel que semble le croire Eric Besson, alors, comment s’étonner que le monde soit au bord du gouffre ? CQFD 

C’est quoi, la France de Sarko ? Un petit réquisitoire non exhaustif, bien sûr, et dans le désordre :
- Nettement, la pauvreté s’est accrue et bien avant les crises dues à nos « chères » banques.
- Pareillement, chez nous comme dans tous les pays soumis aux institutions néolibérales, la classe moyenne tend à s’appauvrir, à son tour.
-  Toujours sous l’influence de la même politique tragique, une grosse poignée de riches, toujours plus riches, s’est creusée en France, notamment grâce aux cadeaux fiscaux.
- Il y a, également, le « péché originel » du quinquennat de Sarkozy, autrement dit, le fait d’avoir bafoué le choix du « non » au référendum du TCE. Avec nombre de socialistes favorables au « oui », il nous a plongé dans une Europe ultralibérale et nous en payons tragiquement le prix aujourd’hui, avant d’en saigner, demain. La faute principale lui revient, c’est ce que l’histoire retiendra, car c’est lui qui l’a voulu, c’est lui qui a convoqué le Congrès de la honte et de la trahison du peuple.
- Autre spécificité du régime Sarkozy, certaines villes UMP en arrivent, aujourd’hui, à interdire aux plus pauvres de fouiller les poubelles des riches. C’est une deuxième manière de « tuer » les plus pauvres, c’est un scandale total.
- A l’identique, cette volonté de plusieurs municipalités UMP de vouloir interdire les cantines scolaires aux enfants de chômeurs. Le système économique prôné et défendu par Sarkozy commence par jeter les gens au chômage, pour la plus grande satisfaction des actionnaires, puis, pour achever les basses œuvres, il veut affamer leurs gamins. Et tout cela, bien sûr, sans réaction à l’UMP ou à l’Elysée. Ces deux derniers points, me font penser que l’Etat sarkozyste agit comme les grands labos pharmaceutiques qui ne livrent leurs médicaments qu’aux peuples solvables, les autres pouvant « crever ».

La France de Sarko c’est aussi :
- Une lourde odeur de souffre, côtés « affaires », touchant de plus en plus de proches du « chef ».
- C’est l’insécurité grandissante dans les grandes villes en dépit d’une débauche d’installation de caméra dites de surveillance.
- C’est la chasse aux étrangers, politique qui plaît tant aux électeurs du FN, avant leur incarcération en vue d’expulsion, bébés compris.
- Ce sont les services publics sacrifiés aux intérêts du privé, à la plus grande satisfaction des néolibéraux les plus sauvages et des agences de notation.
- C’est l’abandon de notre indépendance militaire et politique au profit de l’Otan et donc des USA que Charles de Gaulle avait eu la sagesse, lui, de quitter.
- Ce sont trois guerres : Afghanistan, Côte d’Ivoire, Libye. Certains en sont fiers, moi pas.

La France de Sarko, à partir de maintenant :
- C’est le commencement d’une foule de promesses, à l’exemple de 2007 dont presque rien n’a été tenu, du moins pour les pauvres.
- C’est la campagne présidentielle en avançant caché.
- C’est le battage médiatique que va organiser l’UMP frustrée par les primaires socialistes. C’est la langue de bois assurée, c’est le mensonge organisé, c’est la désunion des Français garantie.

Pour terminer cet article, juste deux mots sur la convention UMP d’hier, 18 octobre 2011. Ils s’en sont donnés à cœur joie, les ministres et dirigeants de ce parti pour dénigrer François Hollande. Ils se sont amusés à calculer la facture d’un programme qui n’existe que partiellement à l’heure actuelle, poussant le ridicule jusqu’à installer un compteur du type téléthon. On sent toute la frustration liée au succès des primaires de leurs adversaires. On sent aussi, leur profond mépris envers les socialistes, mais également envers tous les Français favorables au changement de pouvoir. Comme cela s’est beaucoup dit sur Twitter, hier, ça sent la panique du côté d’un UMP se plaignant de la longue campagne socialiste, mais qui ne trouve pas autre chose que de parler des primaires… Pitoyable…

Si le chiffrage du programme socialiste n’est qu’imaginaire, le coût, pour le pays, de la politique de Sarkozy en un peu moins de cinq ans, est, lui, connu. Méditez le compteur ci-dessous !...

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créé avec Photobucket Source tweet de @partisocialiste

Jean Dornac
Paris, le 19 octobre 2011

 

Publié dans Sarkozy & Cie

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Nathalie 19/10/2011 17:22


Excellent article!
On ne peut qu'être d'accord avec ce que vous décrivez :leur mauvaise foi...
En revanche ils sont bien "malins" pour faire une sorte de téléthon auquel malgré leurs moyens ils doivent peu participer...
Votre problème auditif est un mal pour un bien et dans ces derniers mois qui nous rapprochent de la date fatidique,vous n'allez pas mettre souvent votre casque:o))
En tout cas continuez à nous décrire avec votre plume incisive les grosses sottises que ces futurs perdants ne cessent de proférer....


jdor 19/10/2011 17:26



Futurs perdants... oh oui, ça ce sera, enfin, une bonne nouvelle ! Je dois avouer qu'être presque sourd, à la veille de la propagande UMP et sarkozyste, ma foi, pour une fois, c'est un cadeau !
Et ça n'empêche même pas d'observer, lire et critiquer !