Le mépris infligé aux peuples, se paie franco !

Publié le par jdor

                                                                                                                      Exécution de Louis XVI

736px-Hinrichtung_Ludwig_XVI_von_Frankreich-1754-1793-.jpgC’est ce que vient de connaître Ben Ali en Tunisie. Évidemment, dans son cas, il n’y  avait pas que du mépris, bien que cette composante ait fait partie de sa dictature. Aucun dictateur, d’où qu’il soit, quelle que soit la période où il a sévit, n’a jamais eu le moindre respect du peuple.

L’exemple que vient de nous donner le peuple tunisien, ainsi que l’armée de ce pays, est admirable et porteur de lourdes menaces pour tous les régimes, plus ou moins dictatoriaux de la région. Mieux, cet exemple fait trembler sur leurs bases, tous les régimes de ce type dans le monde. Cet exemple peut devenir très contagieux ! Et, à mon sens, cela ne s’arrête pas aux dictatures, mais peu s’étendre à tous les régimes qui se contentent, en général, d’un mépris cinglant envers la volonté du peuple, sans pour autant être des dictatures.

Vous vous doutez que je pense, en particulier, en tant que citoyen de ce pays, à la France de Sarkozy. Je crois profondément que le temps d’une mise au pas des pouvoirs par les peuples est venu ou sur le point d’arriver.

Qui, en France, sauf à être aveuglé par l’idéologie de Sarkozy et de son camp, ne ressent pas, n’a pas compris, que ce pouvoir sans être au sens strict du mot une dictature, nous impose son profond mépris ! Rappelez-vous ces phrases de certains ministres ou Premiers ministres qui affirmaient que ce n’est pas la « rue » qui gouverne ou commande ! La « rue », ici, montre la profondeur et la lourdeur du mépris du gouvernement de la France actuelle.

Rappelez-vous comment la volonté très majoritaire des Français qui ont dit non au Traité de Constitution Européenne a été bafouée, très vite, par Sarkozy. On nous a seriné que la démocratie avait été respectée grâce au vote des élus en Congrès. Comment ne pas comprendre à quel point, c’était se moquer cruellement du peuple qui avait voté le refus ! Pardonnez-moi l’expression peu poétique, mais c’était du « fouettage de gueule », ni plus ni moins. Si Sarkozy avait eu le moindre respect du peuple français, il aurait organisé un nouveau référendum. Mais il ne savait que trop bien, en tant qu’ancien ministre de l’Intérieur, que la majorité des Français aurait à nouveau rejeté cette nouvelle mouture de la Constitution Européenne. Il a donc, en toute logique, choisi de faire voter son projet par un congrès pour l’essentiel à sa botte !

http://www.asslema.com/

08090206225318822244791kw2.jpg

Rappelez-vous, à présent, de la réforme des retraites, événement très récent. Les sondages nous disaient que 70% des Français étaient contre ce projet précis pour la simple mais profonde raison que ce projet était profondément injuste. Il est très important de préciser que pour la majorité de ces Français, ils n’étaient pas contre une réforme des retraites, mais bel et bien contre l’injustice. Bien qu’ayant avoué quelques années plus tôt qu’il n’avait pas mandat pour réformer la retraite, Sarkozy est passé en force, totalement sourd aux demandes de justice du peuple français. Cela s’appelle du mépris assumé et affiché !

Par ailleurs, le favoritisme évident, et ceci depuis le début du quinquennat pour les plus riches, ces gens qui ne « font pas peuple » et ne se considèrent de toute façon pas comme appartenant à la « populace », montre encore l’importance et la lourdeur du mépris sarkozien pour l’essentiel du peuple français.

À vrai dire, comment pourrait-il en être autrement lorsqu’on l’a entendu traiter les gosses de banlieues, loin d’être tous des « petits truands », de « racailles à nettoyer au karcher » ! Comment oublier qu’il a lancé à un homme qui ne voulait pas lui serrer la main « casse-toi, pauvre con ! » Comment oublier qu’il s’est dit « directeur des ressources humaines » du parti socialiste, lorsqu’il a débauché certains membres de ce parti ? Comment oublier ses mises en scène délirantes, lors de ses visites à certaines entreprises, en faisant placer, derrière lui, uniquement des gens plus petits en taille que lui-même ? Comment oublier le mépris cinglant pour tout citoyen opposant en empêchant ceux-ci de manifester lorsqu’il visite une ville et en faisant placer des membres de son parti sur son passage pour laisser croire qu’il est aimé du peuple ? Nul doute que j’oublie encore beaucoup de choses. Mais ce n’est pas très important.

Voilà où je veux en arriver… Je crois avoir démontré combien grand est le mépris du pouvoir sarkozien envers le peuple français. Dans ces conditions, comment un pouvoir aussi aveugle, aurait-il pu comprendre ce qui se passait ces dernières semaines en Tunisie ? Pour Sarkozy, le peuple, quel qu’il soit, ne doit jamais avoir le pouvoir, jamais avoir un mot à dire. Sachant pertinemment que Ben Ali était un dictateur, en quoi cela aurait pu le déranger puisque le peuple méprisé était muselé ? Comment s’étonner, alors, de la bourde de Mme Alliot-Marie qui proposait au début de la semaine dernière l’expérience des forces de répression françaises pour aider à mâter les révoltes, sans doute répugnantes, du peuple tunisien ? Même si sa pensée était, peut-être, de limiter le nombre de morts, je peux lui accorder ce crédit, je reste persuadé qu’il était inacceptable, tant pour elle que pour son patron de l’Elysée, qu’un peuple ose se révolter contre le pouvoir local. Surtout, si ce pouvoir, fût-il dictatorial, sert si bien les intérêts financiers et idéologiques du régime français et, au-delà, des financiers spéculateurs du monde entier ! Donc, l’attitude lamentable, relevée par tous les médias et observateurs, du chef de l’État et du gouvernement n’était en rien une erreur de jugement, mais la conséquence de leur mépris habituel pour les Français.

Si ce que je ressens, comme beaucoup d’autres est vrai, c’est-à-dire qu’un vent nouveau souffle sur l’esprit des peuples, un vent porteur de volonté de justice et de partage réel des richesses naturelles comme produites, alors, tous les pouvoirs qui méprisent leurs peuples sont désormais en danger grâce à l’exemple tunisien ! En ce sens, nous lui devons un respect particulier et puissant !

Pour Sarkozy, je pense qu’il est trop tard, il ne changera plus et ne saura jamais respecter le peuple dans son ensemble. Je ne pense pas non plus, mais je peux me tromper, qu’il risque ce que Ben Ali vient de subir. Cependant, je crois et espère profondément que les candidats aux prochaines présidentielles sauront se montrer réellement respectueux du peuple qui leur donne la chance de gouverner notre pays. Soit ils nous respecteront, soit ils passeront à la trappe !

Jean Dornac
19 janvier 2011

Publié dans Sarkozy & Cie

Commenter cet article