Les travailleurs pauvres en France

Publié le par jdor

Un scandale qui ne semble guère déranger ni une grande part du monde patronal, ni des politiciens, ni, évidemment, le monde financier. Cela ressemble à un misérable retour progressif de l’esclavage ou du monde des serfs qu’on appelait aussi « les vilains »… Ecoeurant au possible ! (Jean Dornac)


 le 17 juin 2012

On compte entre un et deux millions de travailleurs pauvres en France selon les définitions.

Les travailleurs dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté

Un million de personnes exercent un emploi mais disposent, après avoir comptabilisé les prestations sociales (primes pour l’emploi, allocations logement, etc.) ou intégré les revenus de leur conjoint, d’un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté, fixé à la moitié du revenu médian [1]. Elles sont 1,9 million si l’on prend en compte le seuil à 60 %. Le nombre de travailleurs pauvres a grossi de 104 000 personnes entre 2003 et 2009 au seuil de 50 %, de 132 000 au seuil de 60 % du revenu médian. Il est d’ailleurs possible que ces chiffres aient progressé avec l’accentuation de la crise.

Si l’on compte l’ensemble des personnes, conjoints et enfants compris, c’est entre 1,8 et 3,7 millions de personnes qui vivent dans un ménage pauvre dont le chef de famille dispose d’un emploi - toujours en tenant compte de l’ensemble des ressources.

Même en utilisant la définition la plus restrictive, on compte presque 2 millions de personnes qui vivent avec moins de 800 euros par mois pour un adulte seul [2], alors que ces personnes ou leurs parents exercent un emploi.

L’existence de travailleurs pauvres résulte de plusieurs facteurs. D’abord, de la faiblesse des salaires dans de très nombreux secteurs et notamment du niveau du salaire minimum. Ensuite du temps partiel, qui réduit en proportion les niveaux de vie. Enfin, du fractionnement des emplois : petits boulots, alternances de phases d’emploi et de chômage ou d’inactivité.

Evolution du nombre de travailleurs pauvres
Personnes qui exercent un emploi, dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté, aux seuils de 50 et 60 % du revenu médian.
Unité : milliers


1998

1999

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

Seuil à 50 %

977

996

1 013

953

913

915

947

994

977

1 008

1 022

1 019

Seuil à 60 %

1 882

1 942

1 948

1 934

1 896

1 771

1 797

1 838

1 872

1 999

1 897

1 903

Le niveau de vie tient compte des prestations sociales, des impôts et des revenus des conjoints.

Source : Insee

Personnes vivant dans un ménage de travailleurs pauvres
Nombre de personnes pauvres, chef de ménage, enfants et conjoints, vivant dans un ménage dont le chef de ménage exerce un emploi
Unité : milliers


1998

1999

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

Seuil à 50 %

1 874

1 899

1 964

1 793

1 644

1 702

1 742

1 821

1 743

1 818

1 878

1 848

Seuil à 60 %

3 879

3 965

4 041

3 981

3 682

3 527

3 558

3 619

3 596

3 838

3 728

3 679

Le niveau de vie tient compte des prestations sociales, des impôts et des revenus des conjoints.

Source : Insee

Comment mesurer le nombre de travailleurs pauvres ?

Il existe deux façons de mesurer le nombre de travailleurs pauvres. Soit on prend en compte l’ensemble des revenus du ménage et des prestations sociales. Il s’agit de travailleurs dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté. C’est le cas, par exemple, d’une famille de cinq personnes où une seule dispose d’un emploi payé au Smic à temps plein. Soit on prend en compte uniquement les revenus individuels d’activité (salaires ou revenus des travailleurs indépendants). C’est le cas par exemple d’une personne employée au Smic à mi-temps, qui n’est pas prise en compte dans la seconde définition si elle vit avec une personne dont les revenus permettent de dépasser le seuil de pauvreté pour l’ensemble du ménage.

Pour en savoir plus :

L’Insee diffuse des données détaillées sur les niveaux de vie des actifs occupés ou des personnes vivant dans les ménages dont le chef de famille est actif occupé (lire en ligne).

Des données beaucoup plus détaillées sont disponibles auprès de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale.Lire en ligne.

[1] Le revenu médian est celui qui sépare l’effectif des ménages en deux - autant gagnent moins, autant gagnent plus.

[2] Pour une famille on ajoute 400 euros pour un autre adulte ou un enfant de plus de 14 ans, 240 euros pour un enfant de moins de 14 ans.

Source : http://www.inegalites.fr/spip.php?article905&id_mot=76

Publié dans Faits de société

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