Montréal au rythme de la Fête nationale

Publié le par jdor

En hommage à nos « cousins » Québécois que nous n’avons pas le droit moral d’oublier ! C’est leur fête Nationale, ayons le cœur en fête, pour eux, avec eux, ils le méritent et bien plus que ça encore ! (Jean Dornac)


Karl Rettino-Parazelli  - 25 juin 2012

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Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir

En soirée, les spectateurs ont afflué en grand nombre au parc Maisonneuve. Selon les organisateurs, 150 000 personnes ont pris part à l’événement, soit 25 000 de plus que l’an dernier.

À retenir

On s’attendait à un spectacle fortement teinté par le conflit étudiant, et on l’a eu. La centaine de milliers de personnes réunies au parc Maisonneuve hier pour le traditionnel spectacle de la Saint-Jean-Baptiste a eu droit à une soirée rythmée et fortement politisée.

Guy A. Lepage animait ce dimanche soir le grand spectacle annuel pour une quatrième année consécutive et il n’a pas tardé à aborder de front le sujet du conflit étudiant. « C’est pas une manif ce soir, c’est un party ! », a-t-il lancé après son entrée sur scène vers 21h, une casserole dans une main, une cuillère dans l’autre.

« C’est un spectacle pour tous : les rouges, les verts, les blancs, les bleus et même les bruns », a ironisé l’animateur. Il a également interpellé les fêtards et les policiers avec son habituel mordant : « Gardez vos verres de bière dans vos mains, et vos matraques dans vos culottes ! » Le ton était donné.

En plus d’Alain-François et d’Alfa Rococo qui assuraient les premières partie, Guy A. Lepage a notamment été rejoint sur scène par Jean-Pierre Ferland, Ariane Moffatt, David Giguère, Adam Cohen et Isabelle Boulay, qui a livré un discours mêlant texte et chanson. « Bonne fête Québec. Je t'aime ! », s'est-elle exclamée après son allocution.

La soirée a aussi été celle de Jean-Pierre Ferland, qui fêtait son 78e anniversaire de naissance. Ariane Moffatt et la formation Misteur Vallaire lui ont rendu hommage en interprétant à leur façon les succès Le soleil emmène au soleil et Quand on aime on a toujours vingt ans.

Ariane Moffatt et Yann Perreau ont plus tard soulevé la foule en interprétant ensemble Le bruit des bottes, en référence aux milliers de Québécois qui ont battu le pavé au cours des derniers mois pour protester contre la hausse des droits de scolarité ou le gouvernement Charest. Un moment fort de la soirée, selon le député du Parti québécois dans Gouin, Nicolas Girard, rencontré au milieu de la foule. « C’est le genre de chanson qui est tout à fait appropriée, surtout avec le genre de printemps qu’on a connu », a-t-il souligné.

Pour la première fois cette année, le spectacle pouvait se poursuivre jusqu’à 1h du matin au son des rythmes électros du groupe Misteur Vallaire.

Pluie et surveillance accrue

La foule a pris du temps à gagner le parc Maisonneuve, sans doute hésitante avec la fine pluie qui s’abattait sur Montréal au moment de débuter le spectacle principal. Les spectateurs ont afflué en grand nombre, dès que la pluie s’est arrêtée. Selon les organisateurs, 150 000 personnes ont pris part à l’événement, soit 25 000 de plus que l’an dernier.

« J’aime l’ambiance, j’aime le spectacle, je n’ai pas hésité à venir malgré la pluie », a répondu sans hésiter Tania au début de la soirée. À ses côtés, Maxime était particulièrement heureux d’assister à son premier spectacle de la Saint-Jean-Baptiste à Montréal. « Je viens de Gatineau, où c’est beaucoup plus fédéraliste, donc je peux dire que c’est assez différent ! »

Par ailleurs, les policiers étaient nombreux au parc Maisonneuve, à la fois près des entrées et au milieu de la foule. Les sacs des fêtards étaient systématiquement fouillés à l’entrée sur le site. Le porte-parole du SPVM, Laurent Gingras, rapportait 2 arrestations peu avant minuit.

Avant le spectacle, le défilé

Plus tôt en après-midi, le festivités avaient débuté avec le traditionnel Défilé des Géants, auquel ont pris part plusieurs politiciens.

La chef du Parti québécois Pauline Marois, le leader néo-démocrate Thomas Mulcair, le chef bloquiste Daniel Paillé et les coporte-parole de Québec solidaire, Amir Khadir et Françoise David, ont défilé dans les rues de Montréal. Étaient aussi présents l'ancien premier ministre Bernard Landry et l'ex-leader bloquiste Gilles Duceppe, ainsi que les présidents de la FEUQ et de la FECQ, Martine Desjardins et Éliane Laberge. Aucun élu libéral n'était présent.

Le défilé s’est mis en branle à 13h, au coin des rues Sherbrooke et Fullum, pour se terminer à proximité du parc Maisonneuve. En plus des « Géants » à l’effigie de Maurice Richard, René Lévesque, Louis-Joseph Papineau ou Félix Leclerc, on a pu apercevoir pour la première fois cette année le syndicaliste Michel Chartrand et la femme de théâtre Denise Pelletier. Vincent Vallières a fermé la marche en offrant tout au long du parcours une prestation du haut d’une scène mobile.

Aux abords du défilé, les fleurdelisés étaient beaucoup plus nombreux que les carrés rouges. Seul un groupe de marcheurs brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Dehors Charest » s’est joint à l’événement.

Vers 15h, le cortège s’est arrêté devant le Château Dufresne, où plusieurs élus ont prononcé un discours du haut du balcon. Les allocutions de Pauline Marois et d’Amir Khadir ont reçu les applaudissements les plus nourris. « Je veux dire à notre jeunesse : nous sommes avec vous, nous sommes derrière vous, nous allons vous appuyer », a déclaré Mme Marois, évoquant à mots à peine couverts le conflit étudiant.

Le co-porte-parole de Québec Solidaire, Amir Khadir, a pour sa part évoqué l’espoir de changement que représente selon lui le « printemps québécois ». Il a ajouté que « grâce à notre jeunesse, notre nation est en éveil ».

Source : http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/353244/montreal-au-rythme-de-la-fete-nationale

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