Québec : Les Haudinossonis ou peuple des longues maisons

Publié le par jdor

Marie-Hélène Morot-Sir

Tribune libre de Vigile - Lundi 19 juillet 2010      

Les Haudinossonis /Odinossonis. ce nom a été écrit de multiples façons tant les noms se transmettaient avant tout oralement et tous ceux qui rédigeaient les textes qui sont parvenus jusqu’à nous, les écrivaient comme ils les entendaient.. auxquels il faut rajouter la prononciation et l’orthographe données également par la suite par les Anglais…

http://amerindien.e-monsite.com/pages/1-les-autochtones-du-canada.html

iroquois.jpgCe peuple Odinossonis, avait été surnommé Iroquois par les Français parce qu’en effet les chefs de ces tribus, lorsqu’ils venaient parlementer avec les Français, s’exprimaient fièrement en hommes libres, d’égal à égal avec eux, et de leur côté les Français les recevaient exactement comme des ambassadeurs de leurs pays.

Ces chefs terminaient toujours leurs phrases en croisant haut leurs bras sur la poitrine en disant "Iro Koné : j’ai dit !"

Les premiers Français arrivés sur ce sol d’Amérique du Nord ne comprenant évidemment rien, se tournaient alors vers leurs interprètes et demandaient : "Qu’est-ce qu’ils disent ? Iro... quoi ?

Ces Odinossonis, avaient en effet inventé le jeu de la crosse des décennies avant l’arrivée des Français afin de distraire leurs guerriers de l’idée de se faire la guerre entre eux…

Un de leurs chefs Deganawida, constatant avec quelque amertume que le peuple ne cessait pas de se faire la guerre, les uns contre les autres, eut l’idée de créer une Confédération qui regrouperait leurs Cinq tribus ou Cinq Cantons ce qui leur permettrait ainsi de vivre en paix, au moins entre eux… Il envoya des ambassadeurs auprès des Wendat, car ces Wendat étaient à l’origine de la même souche familiale que les Odinossonis, mais, il y avait des années de cela, ils avaient fait sécession.

Alors, en voyant arriver ces ambassadeurs afin de les inciter à revenir dans le giron de la Nation Odinossonis, ils ont poussé un grand éclat de rire, hors de question pour eux ! Leur seule réponse a-t-elle été de les recouvrir de sucre d’érable et de plumes ? En tous les cas, c’est certain ils les ont renvoyés chez eux en les jetant eux et leurs canots dans les rapides… En revenant dans leurs cantons, ils se sont tous sentis si humiliés qu’ils ont juré la perte de ce peuple Wendat. Et c’est ainsi qu’ils s’y acharneront jusqu’à ce qu’ils y arrivent réellement, comme on l’a constaté et cela s’est accéléré entre 1648 et 1650 où après avoir vu brûler tous leurs villages les uns après les autres, tuer ou emmener prisonniers tant des leurs, voyant qu’il ne restait plus que trois cents personnes sur la totalité de leur peuple, dont certains s’étaient enfuis le plus loin possible, disséminés dans les îles du lac Huron, et jusqu’à Michillimakinac, les pauvres restes de la nation Wendat - cette nation avait été baptisée Hurons par les Français - sont venus auprès du père Ragueneau, le supérieur des missions afin qu’il accepte de les amener à l’abri des Français à Québec.

http://www.centerblog.net/journal-intime/149717-5289288-les-hurons-

les-hurons.jpgAprès plus de trente cinq jours terribles de marche où la peur les tenaillait tous, femmes, enfants vieillards, la peur de voir surgir des hautes herbes ou au détour d’un portage, un parti Odinossonis qui leur aurait sauté dessus pour les exterminer, ou les faire prisonniers, ils atteignent enfin Québec, au bout de plus de mille deux cents kilomètres qui séparent la Huronnie de Québec. Là, ils sont secourus par le gouverneur de la Nouvelle France et ils sont installés sur l’île d’Orléans où ils resteront jusqu’à ce qu’en 1673 les jésuites leur donnent une concession sur laquelle ils pourront définitivement être chez eux. Puis le père Chaumonot y fera construire en 1674 une petite chapelle qu’il nommera N.D de Lorette en souvenir d’une guérison qui lui était arrivée en Italie grâce aux prières qu’il avait faites à cette N.D de Lorette.

Les territoires des Cinq Cantons Odinossonis se situaient en éventail au sud du Saint Laurent, depuis la côte Est de l’Amérique du Nord, le long de l’Atlantique jusqu’au lac Ontario.

La tribu Annierronon, appelée Agnier par les Français puis Mohawk plus tard par les Anglais, était celle qui, installée le long de l’Atlantique, avait accueilli les Hollandais le jour de l’Action de grâce, et avait fait cette entente avec eux appelée chaîne de convenant. Cette tribu était donc, plus tard, lorsque en 1664 les Anglais s’empareront de la Nouvelle Amsterdam, la plus proche de l’état de New York. Ces Agniers étaient les plus vindicatifs contre la Nouvelle France. Ce sont eux qui ont le plus tués et torturés de Français, ce sont eux qui ont donné cette image de cruauté à ce mot même d’Iroquois, alors que les autres tribus que ce soit les Goyougouins, Tsonontouans, Onneyouts ou encore Onnaontagués l’étaient nettement moins et ont même eu des longues périodes de paix et d’entente avec les Français comme on l’a vu avec les Onnaontagués (écrit aussi Onontagués) principalement avec un de leur sachem Garakontié puisqu’une une mission avait même été implantée chez eux près du lac Onondaga. Le territoire de ces Onnaontagués se trouvait le long de la rivière Chouanon ( Oswego ) sur la rive Est du lac Ontario.

N’oublions pas les différentes périodes de paix avec tout le peuple Odinossonis, telles la première paix de 1646, puis celle de Cataracoui, ce grand parlement de Frontenac en 1673 mais aussi bien sûr la grande paix de Montréal du 4 août 1701

Plus tard, après 1712, une sixième nation Odinossonis, les Tuscaroras, les rejoindra, elle vivait jusque-là en Caroline du Nord mais chassée par les commerçants anglais, désireux de lui prendre ses territoires, elle remontera vers le Nord et rejoindra sa famille Odinossonis et depuis lors on parlera des Six Nations.

Lorsque Jacques Cartier est arrivé à Stadaconé une nation vivait-là, il emmènera en France les fils du chef Donnacona et à leur retour chez eux, au printemps suivant, ils apprendront aux Français le mot par lequel ils désignent leur village ou leur petit regroupement de cabanes, ce mot magnifique de Ganata-ha que les Français prononceront Canada ! Jacques Cartier désignera alors Stadaconé sous le nom de Canada puis, petit à petit, par extension ce sera toute la vallée du Saint Laurent qui sera appelée ainsi. Cependant, plus de 60 ans passeront avant que Samuel de Champlain n’arrive à sont tour au pied du cap Diamant. Alors, curieusement, il n’y rencontre pas cette tribu, elle n’y est plus. On la retrouvera néanmoins le long de la rivère Oswego, sur la côte Est du lac Ontario et on présume que cela pouvait bien être les mêmes Onnaontagués qui vivaient à Stadaconé du temps de Jacques Cartier, à cause de ce mot de Ganata-ha décrypté par la suite et reconnu en effet comme un mot Onnaontagué.

Pourquoi ces personnes ont-elles quitté les lieux ? Pourquoi se sont-elles installées ailleurs ? Y avait-il eu des feux de forêts, des problèmes climatiques ou des guerres entre le tribus de ces régions du bord du beau Kaniatarowane-neh qui les aurait fait déménager ? Ou même des pêcheurs de morue qui auraient peut-être pu remonter le fleuve ? La question reste posée.

 

http://www.vigile.net/Les-Haudinossonis-ou-peuple-des

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