S’il vous plaît, ne touchons pas à notre orthographe française !

Publié le par jdor

J’aime beaucoup ce plaidoyer de Marie-Hélène Morot-Sir pour notre langue française, et ce d’autant plus que, petit, j’ai connu, moi aussi, de grosses difficultés pour me l’approprier. Une langue, si nous l’aimons, n’est jamais trop dure. Il faut juste en user le plus possible et, oui, tout simplement, l’aimer. C’est notre patrimoine le plus précieux, celui que personne ne pense à visiter au cours des « Journées du patrimoine » que nous vivons en ce moment. C’est pourtant ce patrimoine-là, plus que tout autre, qui nous permet d’être ce que nous sommes dans le monde qui est le nôtre, aujourd’hui. C’est vrai pour nous, Français de France, et pour les Québécois qui parlent notre langue. (Jean Dornac)

 


 

Marie-Hélène Morot-Sir

Tribune libre de Vigile - Lundi 5 octobre 2009

L’article de Monsieur Pierre Calvé dans Cyberpresse m’a terriblement interpellée et je me permets de vous livrer deux ou trois réflexions…

Monsieur Calvé est professeur d’université à Ottawa et sa grande expérience des deux langues, anglaise et française, lui fait nous expliquer longuement, je résume pour ceux qui n’ont pas lu cet article, pourquoi les élèves font tant de fautes d’orthographes, et bien davantage les francophones, que les anglophones. Ce serait, nous dit-il, parce que notre langue française est trop structurée, en un mot trop compliquée ! L’Anglais est simple, sans accent, sans trait d’union, sans règle difficile, telle cette règle française des participes passés, particulièrement ardue… Puis, il suggère d’écrire le Français comme on le parle, c’est-à-dire phonétiquement, puisque à l’oral on n’entend pas la différence, s’il y a une faute d’orthographe ou pas, ainsi dans cet exemple là : "les pommes que j’ai mangées".

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Evidemment, je trouve personnellement cela particulièrement triste ! Cela s’appelle niveler par le bas. Une autre langue est, lors il faut que l’autre le soit ! Les élèves ne font pas l’effort d’apprendre leur langue trop complexe, supprimons les difficultés... au lieu de dire apprenons aux élèves à travailler davantage… Ce sont les mêmes personnes qui trouveront que nos jeunes ne sont pas assez éduqués dans le sens de l’effort !

Si, nous-mêmes, les adultes, enlevons la moindre aspérité de leur chemin, comment apprendront-ils cet effort ?

Mais il y a quelque chose de plus triste encore, hormis cette réflexion sur ces générations entières dans les siècles précédents, qui ont bien étudié cette belle orthographe française, et curieusement n’ont pas eu des difficultés insurmontables... Pourquoi tout d’un coup nos jeunes ne le pourraient plus ?

Mais notre langue, une langue si belle, si complexe, si riche, une langue qui était utilisée par les diplomates du monde entier autrefois, tant elle permettait toutes les circonvolutions de leur pensée, qui d’entre nous pourrait supporter de la voir amputer, rabaisser à un simple parler usuel ? Qui pourrait supporter de voir enlever ces étymologies grecques en supprimant le "ph" comme devant "pharmacie" par exemple ? Quel est intérêt ?

Beaucoup de personnes aujourd’hui se mettent à apprendre la langue française en Chine, beaucoup d’écoles américaines font de même, et pendant ce temps, nous qui avons eu la chance inimaginable d’avoir trouvé cette magnifique langue en naissant, nous la réduirions à peau de chagrin ?

 http://www.vigile.net/S-il-vous-plait-ne-touchons-pas-a

Publié dans Culture

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