Sarkozy : Avoir la haine ? Mais non

Publié le par jdor

Après quatre ans de sarkozysme à très haute dose, j’en suis toujours à me demander si le peuple français méritait une telle punition. Je n’ai pas de réponse… Ce personnage aura réussi à rendre encore un peu plus fou notre monde politique, mais également nombre de citoyens. Et dire qu’il n’est pas impossible que nous devions le supporter cinq ans de plus ! Si une majorité de Français, quelle que soit l’ampleur de cette majorité, nous l’impose une deuxième fois, certes, ce sera le principe de démocratie que nous devrons respecter, mais alors, nous saurons qu’il y a un grand nombre de citoyens totalement masochistes, totalement prêts à faire couler la France…

http://www.editionsdurocher.fr

bercoff-la-chasse-au-sarko-9782268071091.jpgL’autre jour, j’ai entendu André Bercoff, journaliste auteur d’un livre qui vient de sortir, « La chasse au Sarko ». Cet écrit, selon ce que j’ai compris, prend plus ou moins la défense de Sarkozy et s’interroge sur le pourquoi d’une telle « haine » envers ce Président. Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, je ne parlerais pas de haine. Si je devais, un jour, avoir de la haine pour un humain, il faudrait déjà qu’il fasse partie de mes relations, ce qui, bien sûr et heureusement, n’est pas le cas de Nicolas Sarkozy. De plus, la haine est un sentiment stérile qui rend aveugle et donc incapable de tout combat d’une certaine valeur. Et puis, il faut bien se l’avouer, le plus souvent, la haine rend stupide.

Dans la discussion pour tenter de comprendre pourquoi « cette haine », est sorti l’argument suivant : « Le problème de Sarkozy serait la désacralisation de la fonction présidentielle » ! Mes sourcils n’ont pu s’empêcher de se soulever, non de stupeur, mais par un énorme scepticisme. En y réfléchissant, par la suite, je me suis dit qu’en effet, peut-être, certaines « élites », politiques, médiatiques, voire artistiques pouvaient ressentir « le drame » de la désacralisation. Je dois avouer que je n’ai jamais aimé le comportement de l’ancien ministre de l’Intérieur qu’on aurait cru démangé de tics et de tocs. Je n’aimais pas plus ses espèces de demi-sourires, jusque dans les enterrements officiels, comme s’il ne pouvait s’en empêcher. J’ai souvent pensé que ce sourire avait la signification suivante : « Je vous ai bien eu, pauv’ cons »… Mais d’ici à ressentir de la haine, il y a un pas que je n’ai jamais franchi.

Lorsqu’on lit les bonnes pages du tome II des mémoires présidentielles de Jacques Chirac, on se rend tout de même compte, qu’on n’est pas les seuls à ne pas être heureux, doux euphémisme, d’être dirigés par ce personnage que l’on croirait sorti tout droit du théâtre des marionnettes… Voici quelques extraits de ces bonnes pages publiées par le Nouvel Observateur, du 9 juin.

1) L’homme dévoré d’ambitions et comme toujours, très pressé :

"J’ai commencé à réfléchir au choix du nouveau Premier ministre dès le lendemain du premier tour de l’élection présidentielle. […] Nicolas Sarkozy paraît le mieux préparé à occuper cette fonction, ne serait-ce que parce qu’il en est lui-même convaincu au point, comme je l’apprendrai incidemment, d’avoir déjà entrepris de composer son cabinet ministériel.

2) Un homme pas fiable :

Certains membres de mon entourage, tel Dominique de Villepin, sont favorables à sa nomination, l’estimant utile pour lui permettre de faire ses preuves. D’autres, plus nombreux, me la déconseillent, qui ne jugent pas Nicolas Sarkozy assez fiable par rapport à ce qu’un président de la République, conformément à l’esprit de nos institutions, est en droit d’attendre de son Premier ministre : une loyauté, une transparence totale dans leurs relations. (…)La confiance ne se décrète pas mais c’est une nécessité impérative. Or il subsiste trop de zones d’ombre et de malentendus entre Nicolas Sarkozy et moi pour que ces conditions soient pleinement remplies. J’ajoute, et c’est le plus important, que nous ne partageons probablement pas la même vision de la France.

3) L’homme ingrat imbu de sa seule personne :

http://www.philippetastet.com

president-riches-L-AEYIAF"Le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy est élu président de la République. Nous sommes réunis à l’Elysée ce soir-là avec Bernadette, mon petit-fils Martin, ainsi que l’ensemble de mes collaborateurs, pour entendre la première déclaration du futur chef de l’Etat. Chacun de nous écoute avec la plus grande attention chaque phrase, chaque mot qu’il prononce, guettant secrètement le moment où il citera sans doute le nom de celui auquel il s’apprête à succéder, ou même le remerciera du soutien qu’il lui a apporté. Mais ce moment ne viendra jamais. Pour ma part, je m’abstiens de manifester la moindre réaction. Mais au fond de moi je suis touché, et je sais désormais à quoi m’en tenir". (Sources : Nouvel Observateur)

4) Appréciations générales sur l’homme :

 « Nerveux, impétueux, débordant d’ambition, ne doutant de rien et surtout pas de lui-même », fustige Jacques Chirac. Le portrait est planté et à charge. Autant de travers, qui, selon Chirac, défigurent la stature présidentielle.

Sur la ligne politique également, « nous ne sommes pas d’accord sur l’essentiel, écrit l’ancien président, il est atlantiste, je ne le suis pas, il est beaucoup plus libéral que moi sur le plan économique. Il est pour les discriminations positives et j’y suis radicalement opposé ». En somme, « nous ne partageons pas la même vision de la France », conclut Chirac. (…)

5) L’homme de droite extrême :

… Nicolas Sarkozy s’égare trop à droite. Chirac évoque, d’ailleurs, une confidence de Jean-Louis Debré, ancien président de l’Assemblée nationale, au moment de choisir le premier ministre après la déconvenue des régionales de 2004 : « En voulant séduire l’extrême droite de manière trop évidente, il va vous placer dans une situation délicate », prophétise le fidèle lieutenant de la chiraquie. (Sources : L’humanité)

Ces cinq points essentiels évoqués dans le tome II des mémoires de Jacques Chirac, montre à quel point il n’est pas besoin d’être de gauche pour avoir toute la lucidité nécessaire sur le Président actuel. Il suffit d’ouvrir les yeux, de regarder et écouter. Lorsque j’écris ce que je pense de l’homme et de sa politique, non, il n’y a pas de haine et je ne pense pas non plus au fait qu’il défigure la stature présidentielle, même si, là, c’est une évidence depuis quatre ans.

Non, c’est sa politique, les résultats que je regarde. Si la politique du Président des riches a été très efficace et très protectrice pour les riches, dans le même temps, et c’est logique, cette même politique, avec ou sans la crise bancaire importée des USA, ne pouvait qu’appauvrir encore un peu plus, année après année, les classes modestes et pauvres. Cela suffit amplement à vouloir combattre l’idée d’un deuxième mandat de ce personnage.

Si, la propagande officielle qui se diffuse sur les médias, par ses ministres interposés que l’on voit de plus en plus, tente de faire croire que Sarkozy n’est plus le Président des riches, ses actes et ceux de ses proches démontrent qu’il l’est toujours et plus que jamais. Seuls les sots ou les inconscients ne peuvent pas s’en apercevoir. On vient de le voir avec la suppression du bouclier fiscal qui semble être une bonne chose, mais dont l’avantage est détruit en grande partie par l’assouplissement de l’impôt sur la fortune. Et puis, voyez la haine, oui, car là il s’agit bien de « la haine », contre les victimes du chômage, les « fameux bénéficiaires » du RSA. Non contents qu’ils aient été détruits, sans rien pouvoir y faire, par un chômage imposé, le plus souvent pour parfaire les rentes des porteurs de capitaux dans les entreprises, il faut encore à ce Président et ses complices, Copé, Wauquiez et compagnie, salir, montrer du doigt, et finalement punir, ceux qui reçoivent ce pourboire incapable de permettre une vie simplement normale et décente. (Pour rappel, moins de 500 euros par mois pour une personne seule.)

http://www.paperblog.fr/4569871/le-president-des-riches/

chirac-sarkozy.jpgLorsqu’on appartient à cette droite extrême des plus riches, il faut traîner dans la boue les malheureux qui sont au RSA, moyen simple et honteux de faire croire que s’ils vivent dans la misère, c’est de leur propre faute, de leur propre responsabilité. C’est un déni de vérité, une insulte de plus à l’endroit d’une part importante de la population. C’est bel et bien la façon de se conduire d’un Président des riches et seulement des riches. Le reste, les millions d’euros distribués ces dernières semaines, à gauche à droite, n’est en rien une redistribution allant des riches vers les pauvres, non, ce n’est que de la poudre aux yeux à visée électorale. C’est la carotte devant le nez de l’âne pour qu’il avance, là où on veut le conduire, c’est la sucette que l'on offre à l’enfant pour qu’il cesse de pleurer. C’est tout, sauf de la générosité et un changement de politique.

Combien vont-ils être, nos compatriotes, qui se laisseront berner par cette grossière manipulation ? Je voudrais espérer qu’ils ne seront qu’une poignée. Pour chasser Sarkozy du pouvoir, l’an prochain, c’est chaque citoyen lucide qui doit parler de tous ces faits autour de lui, c’est chaque citoyen qui en porte la responsabilité en faisant lire ou non les réflexions des personnages qui, comme moi, ne briguent rien et n’espèrent qu’une société plus juste.

Jean Dornac
Paris, le 11 juin 2011

Publié dans Sarkozy & Cie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article