Une semaine de « cirque » politique

Publié le par jdor


J’ai conscience de n’être pas bien aimable avec le monde du cirque… Cependant, il faut bien le reconnaître, dans le monde politique français, on trouve des clowns, des acrobates et des fauves… Alors même que je suis en désaccord sur beaucoup de points de leurs programmes,  j’ai encore de l’estime pour certains d’entre eux : Eva Joly, François Bayrou, Dominique de Villepin, François Hollande, Jean-Luc Mélenchon et une poignée d’autres…

J’ai donc peu de choses à dire, les concernant, du moins pour l’instant. Il en va, bien sûr, tout autrement pour Nicolas Sarkozy, que je rangerai dans la double catégorie des fauves et des clowns, et son parti, que j’ai bien plus envie de désigner comme une « bande ». Je vais commencer par Sarkozy et l’UMP…

Un « limogeage-exécution » et une promotion d’envergure pour un « copain » très riche

http://blogs.lexpress.fr/femmes/2008/03/05

lauvergeon1.jpgLe Président des Riches, une fois de plus, nous a montré qu’il n’aimait pas ceux ou celles qui osent ouvertement s’opposer à lui, à ses avis ou décisions. L’exemple frappant de la semaine qui vient de passer, c’est l’éviction d’Anne Lauvergeon. Je ne suis pas, et de loin pas, un partisan du nucléaire. Ce n’est donc pas la Présidente d’Aréva que je défends, là, mais la femme, celle qui, dans son domaine, n’a en rien démérité, ce que reconnaît d’ailleurs Sarkozy et même certains à l’UMP. Ce qui m’écœure, tout en ne m’étonnant pas, venant de celui qui depuis quatre ans se prend pour le monarque de France, avec sa cour dégoulinante d’or et d’argent, de privilèges et de passe-droits, c’est que le bonhomme n’a pas même eu le courage de dire en face à face sa décision à Anne Lauvergeon. C’est lamentable ! Il paraît qu’il va la rencontrer au cours de la semaine à venir. Et allez savoir si, dans un geste de magnanimité, il ne lui proposera pas, comme consolation et vengeance, le poste, en principe bientôt vacant, de ministre des Finances… En 2007, selon ce qu’on dit ici ou là, Sarkozy lui avait proposé ce poste, ce qu’elle avait refusé et ce qui l’avait, lui, bien vexé.

Ce qui m’énerve également, ou mieux, ce qui m’irrite, c’est qu’il vient d’éliminer la seule femme qui se trouvait à la tête d’une multinationale française. Ô combien, dans ses discours, plus creux que jamais, il souhaite la parité, il voudrait même, paraît-il, la promouvoir. On voit ce qu’est la réalité. Il a « coupé » la tête d’Anne, accusée de ne pas être suffisamment servile à l’égard du « roi », après avoir coupé la tête de Rachida Dati, de Rama Yade et de quelques autres. Rien que ce fait, advenu cette semaine, montre qu’il est rigoureusement impossible de lui accorder la moindre confiance.

En arrière-plan de ce limogeage, sans élégance ni motif valable, on trouve les ambitions démesurées d’un personnage, encore un ami de Sarkozy, Henri Proglio. Qui ne se souvient du scandale du double salaire du personnage. Pour rappel, voici quelques extraits d’un article paru sur le Figaro.fr du 22 janvier 2010 : « Le gouvernement avait pourtant confirmé mardi que Henri Proglio cumulerait un double salaire : celui de patron du groupe public d'électricité, à savoir 1,6 million d'euros annuel, et celui de président non exécutif de Veolia, le géant de l'environnement qu'il dirigeait avant de rejoindre EDF.

Cette annonce de double rémunération avait provoqué de nombreuses attaques de la classe politique, de gauche bien sûr, mais aussi dans la majorité. Nicolas Sarkozy, qui n'a de cesse de vouloir taxer les traders et en plein débat sur l'allongement de la durée du travail, n'a pas pu défendre plus longtemps Henri Proglio, un de ses proches. (…) Avec une rémunération de 1,6 million d'euros, Henri Proglio avait tout de même bénéficié d'une augmentation de 45% sur le salaire de son prédécesseur Pierre Gadonneix. Son salaire de 450.000 euros chez Veolia était d'autant plus difficile à justifier qu'Henri Proglio avait clairement laissé entendre qu'il sera à «100% chez EDF ».

http://www.next-up

Henri_Proglio_president_de_la_societe_anonyme_EDF.jpgC’est donc un ambitieux, un « gourmand », en terme de pouvoir absolu et de rémunération disproportionnée, qui a emporté la victoire grâce à son grand ami Sarkozy, comme le montre l’extrait de cet article suivant : « En fait, la vraie et principale raison du départ d'Anne Lauvergeon est son conflit avec EDF et son patron Henri Proglio, intime de Nicolas Sarkozy et de Claude Guéant. Derrière ce limogeage, c’est l’indépendance d’Areva face à EDF qui s’est  jouée. Henri Proglio  a donc eu sa peau. Il veut mettre au pas l’ensemble de la filière et en être le grand chef. Anne Lauvergeon s’était mise sur son chemin. Elle défendait l’idée que les acheteurs ne veulent pas forcément du «tout français», du combustible aux prises de courant. Ils veulent le choix. Il fallait laisser les acteurs de la filière jouer séparément quitte à s’entendre là où il le fallait. Mais Nicolas Sarkozy s’est rangé aux considérations de Proglio et Guéant, davantage pour des raisons plus personnelles que rationnelles. Il prend même aujourd'hui des risques importants au moment même où la filière nucléaire traverse une période difficile. » (Source : Slate.fr du 17-06-11)

C’est donc, une fois de plus, le « fait du prince ». Gageons, cependant, qu’en dépit de ces manœuvres d’arrière-garde, le temps du nucléaire, y compris en France, est compté. Il faut juste espérer que d’ici la fermeture de  nos centrales, l’une d’elles n’aura pas explosé… Et c’est un pari que je ne prendrai pas, pour ma part…

Une fuite qui en dit long

Toujours à propos du nucléaire en France, Eric Besson, inénarrable homme de gauche passé, avec armes et bagages, en terres de droite extrême sarkozyste, n’en loupe pas une. Il n’a même plus le courage ou la force de défendre la position aberrante de son patron sur le nucléaire. Sans doute à bout d’argument sérieux, autre qu’idéologique débile, il a claqué la porte de l’émission Capital sur M6, plutôt que de dialoguer, en fait, plutôt que de devoir écouter et affronter ce qu’avait à dire le journaliste qui l’interrogeait. Cela donne une image saisissante de ce qu’est, dans le domaine de la communication, la méthode Sarkozy : « Tu m’écoutes, tu avales et tu te tais ! » Si, par malheur, un contradicteur possède les bons arguments pour effacer les « éléments de langage » dictés par l’Elysée, le porteur de la parole sarkozyste se casse ! Cela promet pour la campagne électorale à venir. Il ne faut s’attendre, en particulier de la part du candidat Sarkozy, à aucun argument sérieux, mais rien qu’à de la propagande calquée sur la publicité, autrement dit le plus stupide et manipulateur moyen de berner les gens.

Quand les « esprits rigidifiés » de la majorité se manifestent

Comme tous les bons « toutous », la majorité de droite, toujours plus extrême, du Président des Riches, ne réfléchissant qu’en fonction des dogmes qui lui convient, a trouvé en son sein, certains députés qui ont réclamé la « tête » de Roselyne Bachelot. Son crime ? Être pour le mariage des couples homosexuels ! Comme pour Anne Lauvergeon, je ne suis en aucun cas un soutient de Roselyne Bachelot, très loin de là, même. Cependant, cette volonté d’éliminer un ministre, comme par hasard encore une femme, est, là encore, plus qu’éclairante.

La France a-t-elle vraiment envie d’être dirigée, cinq ans de plus, par ces ultraconservateurs à l’esprit et aux cœurs aussi étroits qu’un coupe-gorge des villes moyenâgeuses ? Ces élus se montrent totalement incapables de comprendre les évolutions de la société et ils voudraient prétendre nous gouverner plus longtemps encore ?! Ces gens qui, par leurs votes à l’Assemblée Nationale, ont largement démontré qu’ils étaient pour une société fondamentalement injuste, favorisant systématiquement les riches au détriment des plus pauvres, veulent, de plus, nous imposer leur morale largement frelatée et dangereuse en ce sens qu’elle menace gravement la cohésion nationale et sociale.

Je ne suis pas « un homo comme ils disent ». Cependant, je ne vois pas de quel droit ces députés, mais également le gouvernement, osent faire, sciemment, souffrir les couples homosexuels, qu’ils soient femmes ou hommes. C’est leur vie, c’est leur liberté d’aimer comme ils l’entendent. Le pouvoir ne doit surtout pas avoir le droit d’intervenir dans la vie privée des gens, même si, bien sûr, en le faisant comme toujours, depuis des millénaires, il sait qu’en brimant le peuple, particulièrement dans le domaine sexuel, il prend une bonne part de pouvoir sur son esprit. Ces députés et ce pouvoir font partie d’un monde « castrateur » et c’est abominable. En légalisant le mariage des couples homosexuels, on ne touche pas au mariage hétérosexuel. On ne le diminue pas, il se charge de le faire tout seul…

Je suis persuadé, et je le souhaite, personnellement, que le mariage traditionnel, à base religieuse, même si la laïcité s’en est également emparé, est à bout de souffle, à bout de course. Dans un avenir plus ou moins lointain, je crois que le mariage tombera en désuétude, tant nos conditions de vie ont changé et ont été bouleversé. Peu à peu, les couples se formeront en dehors des Institutions. Ils feront la nique à tous les moralisateurs. Les couples fidèles seront la rarissime exception. Nous vivons trop longtemps pour supporter, hommes comme femmes, 50 ou 70 ans de fidélité. On peut rêver du contraire, mais cela ne restera que du domaine des rêves.

Et les « vieux » élus, qu’ils soient jeunes ou effectivement vieux en âge réel, auront beau tenter de dresser des barrières pour préserver leur morale, l’ancien finit toujours par s’effondrer pour laisser place au nouveau. C’est le sens même de l’histoire et de la vie…

http://sarkozynews.canalblog.com/

65674360.jpgPour finir, c’est la « blague corrézienne » qui m’a le plus amusé, cette semaine ! L’ancien Président commence à devenir sympathique à mes yeux. Il a mis Sarkozy en grosse colère, paraît-il, chic ! Si les choses se poursuivent de cette manière, l’hyper Président, dans moins d’un an, deviendra un hyper retraité ! Il aura, ainsi, tout le temps de « pouponner » le bébé, qui, bientôt, hélas, deviendra un « objet » électoral et un « élément de langage » supplémentaire…

Je veux juste ajouter qu’entre Jacques Chirac, Jean-Louis Borloo et Rama Yade, sans oublier Dominique de Villepin, la partie n’est pas encore gagnée pour le candidat Sarkozy, et c’est comme un rayon de soleil, une belle espérance, pour moi… Et pour vous ?

Jean Dornac
Paris, le 19 juin 2011

 

Publié dans Sarkozy & Cie

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