Violences faites aux femmes

Publié le par jdor

Aujourd’hui, c’est la « Journée Internationale contre les violences faites aux femmes ». Comment ne pas s’y associer, sous une forme ou une autre ?

Peut-être suis-je trop naïf ou trop « innocent », mais je dois avouer que je n’ai jamais compris comment des hommes pouvaient être lâches au point de frapper leurs épouses, leurs concubines ou maîtresses. Que se passe-t-il dans la tête de ceux pratiquent cette monstruosité ? La réponse la plus facile, la plus commode aussi, c’est de dire qu’ils sont malades. Sans doute, est-ce le cas de certains. D’autres ont été victimes, eux-mêmes, de violence au cours de leur enfance. Mais je doute fort que ce soit le cas de tous.

Il me semble, à tort ou à raison, que l’un des gros problèmes, vient de l’image de la femme qui est donnée depuis toujours, notamment par les religions. Rares sont ces religions qui considèrent que la femme est l’égale de l’homme, alors que, pourtant, elle l’est et pleinement. Presque toujours, nos compagnes ne peuvent « qu’obéir » aux hommes, comme si ces derniers avaient un « droit » sur elles, un droit donné par les dieux. C’est une misogynie extrême et, au final, criminelle.

On pourrait se dire que, la religion ayant de moins en moins d’importance dans un pays comme la France, les mâles ont changé, qu’ils réfléchissent un peu plus, mais ce n’est pas la cas pour un nombre bien trop important de bonhommes. Je ne sais si le machisme nous a été légué par les religions, par des chemins quelque peu tordus, mais cette tare, est cause, elle aussi, de nombreuses violences contre les femmes. Ce qui est terrible, c’est que les machistes ne réalisent pas à quel point, ils sont faibles d’esprit ! Franchement, il faut être complètement stupide, avoir un cerveau à la masse, pour s’imaginer être supérieurs aux femmes pour quelques biceps plus développés ! C’est bien à « l’ego du mâle » que revient l’imagination chez certains types d’avoir le droit de brutaliser, parfois jusqu’à la mort, leur compagne. Stupide et même ego qui conduit les politiciens à nous mener contre le mur et aux cerveaux en forme de biceps, de massacrer les femmes… Le fait qu’il y ait plus de cadres que de chômeurs qui sont des maris violents, me montre encore combien l’ego maladif des gens supposés intelligents est à l’action dans les horreurs commises contre les femmes. Or, autant que je sache, ce côté égotique de nombreux mâles, n’est pas pris en compte, donc pas soigné pour y mettre un terme.

Où est la volonté de lutter contre cette folie ?

Cette volonté, on la trouve facilement dans les paroles, notamment de nos politiciens mâles. Mais lorsqu’il s’agit de passer aux actes, c’est proche du désert ! Ainsi, le monde masculin, du côté pouvoir et élus, parle de la nécessaire parité homme/femme, mais où la trouve-t-on ? Il faut chercher loin et longtemps pour en trouver des exemples d’une certaine valeur.  Dès que l’on s’approche de la sphère des pouvoirs, politiques comme économiques, on aperçoit surtout l’absence de parité et le règne d’une nauséabonde hypocrisie.

Des types que l’on suppose intelligents, maîtres d’eux-mêmes, parce qu’élus comme députés ou de sénateurs, se rabaissent, en un instant, au niveau de bestiaux incultes et incontrôlables dès qu’ils aperçoivent une jupe ou une femme un peu sexy. Espérer que s’installe la parité, chose dont nous ne devrions même pas avoir besoin de parler si la mentalité et l’intelligence étaient un peu développées, est un horizon qui s’éloigne toujours à mesure qu’on croit s’en approcher…

Quant à la parité des salaires, pour un même travail, avec une même qualification, autant attendre que les poules aient des dents ! Le mépris envers les femmes se conjugue avec la volonté capitaliste d’exploiter les gens. Or, on exploite surtout les gens faibles, ou considérés comme tels. On voit donc, parfaitement, quelle est l’image de la femme dans le monde des exploiteurs…

La pub, dont l’essentiel du travail est d’amener les citoyens à leurs instincts les plus primaires, ne risque pas, sauf avec des lois réellement sévères, d’arrêter d’être sexiste.  Pour attirer le mâle, elle donnera toujours l’image la plus voyeuriste possible de la femme. C’est dans les gênes de la pub, ce qui donne une idée assez claire de la mentalité catastrophique de ce milieu professionnel. Ce faisant, elle entretient, dans l’esprit des brutes qui regardent ces images, le sentiment de la légitimité de la domination des hommes, la femme n’étant qu’un objet de consommation ordinaire qui a juste l’avantage d’exciter un peu plus et un peu plus facilement que les autres objets de consommation.

Pour en revenir à la politique

Même si j’entends déjà les cris d’orfraies de certains, ce qui arrive à Eva Joly tout comme à Rachida Dati est, je le pense vraiment, à placer dans le contexte du mépris envers les femmes et de la violence qui leur est faite. Certes, elles ne devraient pas y perdre leur vie, mais cette façon d’agir est bel et bien celle de brutes épaisses qui ne parviennent pas à concevoir qu’une femme puisse participer au pouvoir.

Eva Joly a eu l’audace de ne pas apprécier les « magouilles » de parti politique qui ont eu pour résultat un sérieux recul des idées des Verts sur le nucléaire. Elle s’est permise de le dire et de ne pas se précipiter immédiatement pour dire qu’elle soutiendrait le « mâle » Hollande au deuxième tour ! Quoi !? Une femme qui ose dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas ? Un scandale, évidemment ! C’est, à mes yeux, la seule raison de la « bronca » des socialistes et de très nombreux médias contre elle. Si elle avait été un homme, sans doute, il y aurait également eu des réactions négatives, mais pas à cette hauteur, et pas avec un aussi grand mépris…

Ceux qui me suivent régulièrement savent bien que je lutte contre la droite. Pour autant, je ne peux considérer que la candidature de Fillon dans le fief de Dati, à Paris, ne soit  pas également tinté d’un fort sexisme, d’un stupide machisme. Il y a, évidemment, des raisons politiques, il faut bien « caser » le futur « ex Premier ministre » à un poste confortable, mais aurait-on agit avec la même violence contre Dati si elle avait été un homme ? Permettez-moi d’en douter… Comment espérer, dans ces conditions, aussi bien à droite qu’à gauche, qu’une véritable parité, tant au plan politique que salariale, soit une volonté de changement plus qu’urgent ? Et comment espérer qu’en se conduisant de la sorte, ceux qui nous dirigent pourraient être un exemple positif pour les brutes qui battent et tuent des femmes ? Non, ces politiciens pérennisent le mépris des femmes !

Compte tenu de cette mentalité désastreuse de nos partis politiques bien en vue, comment s’étonner, encore que le Monde ait pu titrer, ce matin : « La violence contre les femmes est l'un des crimes les moins poursuivis » ? Ce sont les députés et sénateurs, après le travail des ministres, qui votent les lois. Si ces crimes sont les moins poursuivis, c’est peut-être parce que les lois ne sont pas à la hauteur de ces crimes contre la moitié de l’humanité.  C’est peut-être aussi, parce que ceux qui sont chargé de récolter les plaintes mettent trop souvent en doute la parole des femmes battues ou violées. Comment ne pas voir, là encore, les traces d’un machisme infect ?

Plus généralement

On lit dans les journaux ou on entend à la télévision que les hommes du genre de DSK aiment les femmes. Encore une stupidité de journaliste en manque d’inspiration ou d’intelligence. Non, ce genre d’homme, tout comme d’ailleurs les violeurs, n’aiment pas les femmes, puisqu’ils les détruisent ! Ils aiment le sexe, le plaisir que celui-ci leur apporte, ils aiment la violence, ils aiment la destruction, mais ils n’aiment pas les femmes. S’ils les aimaient, ils les respecteraient comme le plus précieux des trésors.

Mépriser et tuer les femmes revient, même si les hommes qui s’en rendent coupables n’en sont pas conscients, à mépriser et tuer la vie.  C’est la femme qui porte la vie et la donne. Ce n’est pas une conception religieuse qui m’anime pour dire cela, mais la plus simple des évidences. Avec les techniques d’aujourd’hui, une femme peut parfaitement se passer de relations sexuelles avec un homme pour avoir un enfant. L’homme peut toujours tenter de faire un bébé tout seul ; je lui souhaite beaucoup de plaisir et encore plus d’imagination !

Il faut tout faire pour que cessent les horreurs commises par les prédateurs. Mais pour cela, il y faut une véritable volonté politique, sachant que celle-ci ne sera jamais suffisante tant qu’il n’y aura pas un véritable changement de mentalité. Le premier lieu d’apprentissage du respect de la vie et de la femme doit être la cellule familiale. C’est donc chaque homme, dans sa famille, tout comme à l’école, a qui il faut ouvrir l’esprit sur la beauté intrinsèque des femmes, et je ne parle pas de la beauté physique, mais de l’extraordinaire « mission » de la femme qui est porteuse de vie et qui, si les hommes savaient la respecter dans son être profond, saurait, pour beaucoup d’entre elles, rendre la vie un peu plus viable. La domination des hommes, depuis des millénaires n’a apporté, essentiellement, que la mort par la guerre et la violence généralisée.

Et si on essayait, enfin, le pouvoir des femmes ! Pour autant que nous gardions notre lucidité, que nous soyons capables de voir leurs programmes politiques, indépendamment de leur féminité. Autrement dit, en toute égalité avec un programme tenu par un homme.

Jean Dornac
Paris, le 25 novembre 2011

Publié dans Réflexions

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annie 28/11/2011 10:14

Merci Jean, on se rend compte en lisant tes poèmes que tu aimes les femmes de la plus belle façon, avec respect.

jdor 28/11/2011 10:18



C'est vrai, j'aime les femmes pour ce qu'elles sont, pour ce qu'elles m'insipirent, pour ce qu'elles font. Il m'est inimaginable de ne pas les respecter profondément.